29/10/2008

déménagement

Il est à présent temps de dire au revoir à ce blog et de penser à déménager. Après ces années de loyaux services, l'affichage sous internet explorer est devenu trop chaotique pour continuer avec skynet. Ce blog reste consultable mais n'aura plus d'article, les nouveautés seront à présent visibles sur : http;//corablog.over-blog.fr un nouveau blog qui j'espère tiendra plus le coup.

Rendez-vous donc sur http;//corablog.over-blog.fr

14:11 Écrit par Coralie dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10/10/2008

La langue à l'étude

Bon, aujourd’hui, on ne rigole plus, on va parler d’un objet d’étude non identifié dans le vaste monde universitaire, un domaine qui a un nom barbare et auquel j’ai osé m’attarder malgré la peur panique que son évocation peut provoquer. Ce domaine étrange qui se trouve à la jonction des lettres et des sciences humaines et pas si loin de la sociologie, cette discipline grâce à laquelle, un jour, j’espère gagner ma vie (on peut toujours rêver…), ce domaine qui semble si évident et si étrange, ce domaine à qui je voue un intérêt particulier c’est  celui des : « Sciences du Langage ».

Comme le nom l’indique, les sciences du langage regroupent un certain nombre de « sciences » ou dirons-nous de champs d’études différents qui sont liés au langage comme la syntaxe, la morphologie, la phonologie, la sociolinguistique etc. Je ne vais pas vous assommer de termes barbares tout de suite.

Mais, qu’est-ce que c’est que les « sciences du langage », entends-je dans le fond ? En fait, ce terme désigne tous les domaines de la linguistique dite moderne, c'est-à-dire de la linguistique remise au goût du jour au début des années 1900 par un certain Ferdinand de Saussure (je reviendrais à ce charmant monsieur tout à l’heure).

Mais, qu’est-ce que c’est que la linguistique et la linguistique moderne, d’abord ? Eh bien, c’est à la base une idée assez saugrenue qui repose sur le fait de chercher à comprendre comment on parle, qu’est-ce que c’est que la langue. J’emploie le terme « saugrenu » dans la mesure où tout le monde parle, sait parler et personne n’a besoin de cours pour savoir comment parler, c’est quelque chose que tout humain normalement constitué sait faire pour peu qu’il soit au contact d’autres humains. L’objet d’étude de la linguistique est cependant de décrypter l’articulation du langage, de faire une analyse des tenants et des aboutissants de ce code étrange qui permet de communiquer plein de choses bien plus complexes que ce que peut faire une abeille en dansant.

Alors, mon capitaine, c’est comment qu’on fait pour étudier la langue ? A l’heure actuelle on commence par le commencement c’est-à-dire par le best-seller du petit monde de la linguistique : Le Cours de Linguistique Général de F. de Saussure (c'est le gars en photo à droite). Le Cours de Linguistique Général, que tout étudiant en sciences du langage vous abrégera en « CLG », est la base de la linguistique moderne et considère plusieurs préceptes.

Les trois dichotomies du langage

decorationQu’est-ce que c’est que cette bestiole « des dicos de Tommy » ? C’est qui Tommy ? Je croyais qu’on parlait de Saussure ? Ne nous emballons point. Une dichotomie c’est un terme qui désigne tout simplement une division entre deux réalités. Dans le cas présent, ce sont trois distinctions importantes qui sont faites au niveau de l’étude linguistique et de la façon d’envisager les éléments de la langue. Pour prendre un exemple trivial, en musique, on fera la distinction, par exemple, entre les sons graves, aigus bien que les deux soient des sons, là, on est sur le même principe. Saussure propose de faire une distinction dans le langage.

Langue/Parole

Selon notre ami Ferdinand (vous êtes intime avec lui, maintenant),  le langage est scindé en deux : la langue et la parole. La langue, c’est ce qui se trouve dans votre tête : des règles grammaticales concrètes, des structurations de phrases. Tandis que la parole, c’est l’acte de parler, c’est le produit de l’application des codes de la langue. La parole est liée à un contexte tandis que la langue elle, ne change pas selon la situation.

Ferdinand propose donc de chercher à comprendre la langue, la partie non visible de l’iceberg du langage, celle qui est cachée dans un recoin du cerveau mais, je vous rassure, pas besoin de faire de dissection pour cela.

Signifiant/Signifié

Autre grande distinction de Ferdinand : la différence entre signifié et signifiant. On considère qu’un mot est en fait scindé en deux parties. Il y a sa forme, la façon de le prononcé, de l’écrire qui est dépendante d’une langue particulière, d’un contexte particulier, c’est ce que l’on désignera par le signifiant. D’autre part, il y a le sens du mot, l’idée qu’il représente et qui est commune quelle que soit la langue, c’est ce que l’on appellera le signifié d’un mot.

Diachronie/Synchronie

Plus complexe à intégrer, c’est le fait de chercher à analyser une langue selon deux approches différentes. Soit on analyse l’état de la langue à un instant T, sans se soucier de ses évolutions passées ou avenir : c’est ce qu’on appelle l’approche synchronique. A l’inverse, on peut faire une étude étymologique en diachronie c’est-à-dire en envisageant l’évolution d’une langue au cours du temps.

 

La linguistique moderne structuraliste est donc axée sur la langue, sur une étude synchronique de celle-ci et cherche, comme toutes les sciences humaines, à se rapprocher des « sciences dures » en employant des formalismes, des bases de mathématiques.

 

Là je sens venir la question, en quoi c’est révolutionnaire tout ça ? C’est assez évident et simple alors qu’est-ce qui fait que c’est si essentiel et que je vous bourre la tête avec ça ? Eh bien, il faut savoir qu’avant Ferdinand et les autres structuralistes, on faisait de la linguistique pour des raisons étymologiques, pour chercher à savoir l’évolution des langues et à comparer des langues mortes entre elles. C’est une approche qui a son intérêt mais qui a aussi mené à des abus et à des combats puérils du style : « C’est moi qui ait la plus belle langue !

-Non c’est moi !

- Moi, j’ai des belles exceptions grammaticales !

-Oui mais moi j’ai plus de mots différents que toi ! Et puis j’ai plus de sons différents !

- Oui mais moi j’ai des mots qui servent à rien !

- Moi j’ai plein de temps différents associés à mes verbes ! »

Des débats sans fins pour savoir qui avait la langue la plus pure, la plus vraie et par voie de conséquence qui était issu du peuple le plus beau. De fait, au XIXème alors que le nationalisme montait en flèche en Europe et que les patries cherchaient à se dominer les unes, les autres, il y eut un certain nombre d’écrits pour démontrer que la langue de Goethe est la plus pure et la plus grande (et on se demande après où Hitler est allé pomper ces théories sur les aryens…).

 

Alors, mettre toutes les langues sur un pied d’égalité, avoir des critères formels et essayer de les analyser via des critères scientifiques, c’était une vraie révolution dans la manière d’envisager les choses.

 

Pour conclure sur ce petit cours d’introduction à la linguistique, je vous dirais qu’il ne faut jamais oublier un point essentiel : une langue est rattachée à un peuple, à une région et à une vision du monde. Il y a autant de vision du monde que de langues. Les langues naissent vivent et meurent, elles sont en constantes évolution. Plus une langue est utilisée, plus elle est soumise à des changements dans sa manière d’être prononcée, dans son vocabulaire, dans son orthographe aussi. Il n’y a qu’un seul type de langue qui ne change pas et ne pourra jamais changer : les langues mortes.

 

C’est pourquoi, quitte à s’intéresser au langage et à la langue autant s’intéresser à celle qui est sous nos yeux, en synchronie, sans jugement sur ses évolutions mais en cherchant simplement ce qui se cache derrière le signifiant d’un mot, quel règle étrange de la langue, dans notre cerveau, nous pousse à l’utiliser de la sorte. Voilà ce qui me passionne dans l’étude du langage. Je posterai peut-être un nouvel article à ce sujet prochainement.

16/09/2008

La première saga mp3 en bouquin

decoration

Aujourd’hui, on va s’attaquer à la grande littérature de celle qui reste à jamais gravée dans les annales de la culture humaine, je veux parler de l’œuvre littéraire immortelle d’un certain John Lang (qui n’est pas le fils de Jack) mieux connu sous le pseudonyme de Pen of chaos (POC pour les intimes) ou par la périphrase suivante : le créateur du donjon de Naheulbeuk.

 

Naheulbeuk, pour mémoire, est une saga mp3 racontant l’histoire d’une compagnie de bras cassés qui cherchent à devenir des vrais héros. Cette saga comprend deux saisons consultable gratuitement en mp3 :  la première où la compagnie est paumée dans un donjon et la deuxième où celle-ci parcourt la terre de Fangh vers un endroit paumé pour retrouver leur mystérieux commanditaire qui se trouve être un méchant mage qui veut précipiter la fin du monde. Et… nous avons une troisième saison qui elle n’est pas en format mp3 : La Couette de l’Oubli.

C’est le premier roman du genre héroic-fantasy parodique que je lis et, pour moi, le livre remplit son rôle. On retrouve les personnages que l’on a pu apprécier dans la saga de Naheulbeuk, leur caractère n’est pas dénaturé après la question est : est-ce que le roman apporte plus que la saga audio ? Là-dessus, je ne saurais dire. Il y a une place plus importante qui est faite aux personnages secondaires et à des anecdotes qui ont traits, par exemple, au conflit religieux qui a lieu en terre de Fangh (tout le monde se tape dessus pour son Dieu). Cependant, j’aurais aimé que l’on est des nouvelles de l’autre méchant de l’histoire dans cette Couette de l’Oubli de Zangdar et de son fidèle conseiller Reivax qui sont un peu les Minus et Cortex de la terre de Fangh… Or, on dirait que ceux-ci ont été absorbés par la Couette de l’Oubli tant on en entend plus parler. Mise à part cela, le roman recèle de bonnes situations rocambolesques (notamment l’attaque sur le bateau qui est des plus mémorables) et des conneries du nain, toujours en grande forme.

Bref, pour les fans de Naheulbeuk, je vous recommande de plonger dans ce roman, ça se lit vite et ça devrait vous plaire. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, allez donc faire un tour sur le site de Naheulbeuk, vous m’en direz des nouvelles !

10/09/2008

Quand les mammifères pondront des œufs…

ornithorynque

Aujourd’hui, je vais me prendre pour le professeur Burp de la Rubrique-à-Brac (si vous voulez plus d’info regardez dans les articles précédents) et vous présenter un animal (voire même deux) qui me fascine par son caractère totalement incongru. Ces animaux viennent d’Australie et ont la particularité d’avoir à la fois des caractéristiques du reptile et du mammifère, ils font parties de l’ordre des « monotrèmes » (à vos souhaits !).

Dans l’ordre des monotrèmes, disais-je, on trouve cette bestiole bizarroïde : l’ornithorynque. L’ornithorynque est une sorte de castor aux pattes palmées avec un bec de canard. Lorsqu’il a été découvert, en 1798, de nombreux scientifiques ont cru à un canular tant cet animal diffère des mammifères déjà existant. Cependant, il n’y a pas que son aspect physique qui est surprenant. L’ornithorynque est muni de crochets venimeux sur ses pattes qui n’est pas mortel pour l’homme mais dont on n’a à l’heure actuelle pas trouvé d’antidote. L’ornithorynque passe une grande partie de son temps sous l’eau cependant, du fait de son bec bizarre qui s’ouvre jusqu’aux oreilles, ce dernier est sourd et aveugle en milieu sous-marin alors, pour fondre sur ses proies, comment fait-il ? Eh bien, il a une sorte de sixième sens : l’électrolocalisation. Il détecte le champ électrique produit par les contractions musculaires de ses proies, les monotrèmes sont les seuls mammifères qui ont cette capacité.

Ca ne suffit pas pour vous impressionner ? Voici une autre information, les ornithorynques sont ovipares, ils pondent des œufs que la femelle couve.  Des œufs ? Mais pourquoi considère-t-on que les ornithorynques sont des mammifères ?

Eh bien, même si ça paraît surprenant, le critère qui sépare les mammifères d'autres espèces est l'allaitement des petits. Et comment les ornithorynques les allaitent-ils ? Là encore, la technique est des plus inédites : les femelles ornithorynques n'ont pas de mamelles que les petits pourraient téter mais des glandes situés à différents endroits du corps.

Le lait coule depuis ces glandes sur la fourrure de l'ornithorynque et les petits lèchent le pelage de leur mère pour récupérer un peu de lait.

 

echidneUn autre type d'animal a cette particularité d'être un mammifère ovipare : l'échidné. C'est quoi cette bestiole ? Encore un animal australien. C'est une espèce de fourmilier à allure de porc-épique. Les femelles échidné pondent des œufs qu’elles ne couvent pas mais gardent dans une poche ventrale pendant une période d’incubation avant qu’ils n’éclosent. Il y a un joli conte aborigène qui concerne les échidnés. Il se raconte qu’un groupe de chasseurs poursuivait une bestiole locale (un wombat, sorte de grosse marmotte australienne). Ils lancèrent des flèches sur ce dernier mais celui-ci réussit à s’enfuir malgré les flèches. L’animal, pour assurer sa sécurité se transforma donc en cette bête piquante : l’échidné.

Voilà les amis pour cette petite page biologique qui vous donnera peut-être envie de découvrir l’Australie.

 

29/08/2008

Jeu y es-tu ?

decoration
A défaut de vous présenter un nouveau jeu (mais, ça va venir, ne vous inquiétez pas, je ne quitte pas cette belle occupation qu’est le test de divertissements en boîtes), je vais vous donner un lien vers un site sur lequel à l’heure actuelle je passe le plus clair de mon temps quand je suis sur un ordinateur qui a une connection internet : www.trictrac.net

 

Ce site est une référence pour les gamers de jeux de sociétés puisqu’il recence tous les nouveaux jeux qui sortent et contient une base de données impressionnante de jeux de sociétés avec : une fiche descriptive du jeu et de ses règles et les avis des internautes ayant joués ou possédant ce jeu. De , on a une note moyenne sur un jeu mais, ce qui m’a bluffé c’est ce qu’ils appellent : le générateur de top. Ce générateur permet d’avoir un classement en fonction des notes moyennes données par les internautes avec divers options (le type de jeu concerné), résultat nuancé par le nombre d’avis etc. On a aussi possibilité de voir les descriptifs de jeux les plus consultés etc.

Bref, c’est vraiment très bien fait et ça permet d’avoir d’autres avis que celui de votre vendeur dans une boutique spécialisé qui est peut-être très partial envers un jeu particulier.

15:15 Écrit par Coralie dans Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jeux de societe, webzine, trictrac net |  Facebook |

22/08/2008

Et Bang !

decorationDans la famille, jeu de société, je demande le Western Spaghetti ! Nouveau venu dans la ludothèque, je vous présente : Wanted !

 

Comme son nom, le laisse présager, on se trouve là dans un Far West peuplé de Desperados prêts à tout pour buter le Shérif de la bonne vieille bourgade de BangTown. Ici, tout le monde a son arme et tout est permis : même tirer sur les pauvres bougres qui sont en prison !

 

Wanted ! C’est un jeu qui se joue de 3 à 8 joueurs (avec les extensions sinon c’est de 4 à 7) où chaque joueur à une carte rôle :  

- Shérif (c’est le seul rôle qui est dévoilé à tous)

Il doit tuer tous les Hors la loi et le (ou les) Renégats et éviter de tuer ses adjoints

- Adjoint du shérif

Ils protègent le Shérif et doivent eux aussi tuer les hors la loi

- Hors la loi

Il doit tuer le Shérif et ses adjoints

- Renégat

Il doit rester le dernier joueur vivant pour prendre la place du Shérif (autre nom du rôle selon Marine : le fils de pute)

 

En plus de son rôle on a une carte personnage (du genre Calamity Janet et autres pseudos desperados) qui donnent des capacités spéciales : on peut tirer plus loin, on a le droit d’utiliser des cartes raté à la place des bang (et vice-versa).

 

Et puis, commence véritablement le jeu : chacun à des cartes en main, autant qu’il lui reste de point de vie (le shérif parce qu’il est le shérif a droit à un point de vie supplémentaire).

 

Chaque joueur a au départ une arme de portée un et ne peut tirer que sur ses voisins, autant dire qu’il vat mieux chercher à s’éloigner de tout le monde. A son tour, un joueur peut choisir de mettre une arme avec une plus longue portée, pour tuer des adversaires plus lointains, avec certaines cartes retirer ou piquer une carte à ses voisins, mettre quelqu’un en prison (sauf le shérif qui a les clefs) ou alors poser une dynamite mais attention, ça fait boum au moment où on ne s’y attend pas !

 

Cependant, le plus important dans le jeu, c’est de faire « Bang ! ». On a le droit de faire un seul « Bang ! » par tour sur la cible de son choix (dans la mesure où on peut l’atteindre) mais attention toutefois, si vous tirez sur le shérif, vous risquez d’être la cible de ses adjoints et d’être à votre tour souvent visé.

Si vous êtes la cible d’un « Bang ! » vous pouvez, via des cartes faire en sorte que le tir soit « Raté ! » ou tenter de vous mettre dans une « Planque ». L’important dans l’histoire étant de boire une bonne « bière » pour retrouver des forces et des points de vies.

 

Bref, un jeu bien sympathique avec une ambiance western et qui permet de mettre en place une stratégie grâce au rôle. Pas de phase de débat contrairement au loup-garou (quoi qu’on peut toujours essayer de convaincre le shérif de ne pas vous tirer dessus) ce qui plaira aux personnes avares en paroles tout en gardant le plaisir du but différent à atteindre suivant les joueurs.

 

En bref, entretuez-vous bien les aminches !

14:05 Écrit par Coralie dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : wanted, jeu de societe |  Facebook |

13/08/2008

Danse avec tes pieds !

decoration

Il y a un temps très lointain avant l’eye-toy de la Playstation 2, avant la Wii et avant même l’aire Sarkozy, il y eut un temps disais-je où à l’aide d’une Playstation de type basique on avait la possibilité de jouer à un drôle de jeu qui te faisait bouger dans ton salon : Dance Dance Revolution. Le principe est né sur des bornes d’arcade au Japon : une machine comprenant des boutons au sol représentant des directions, on lance la musique, on fait défiler des flèches sur l’écran et c’est parti : appuie sur les flèches en rythme !


Dans le principe, on n’apprend pas à danser mais on apprend à bouger en rythme, on se dépense et quel que soit son niveau, il y a de quoi s’amuser devant l’écran. J’ai découvert ça en terminale (c’est dire si ça remonte !) et tout de suite, cet ancêtre du jeu vidéo interactif m’a séduite par l’innovation impressionnante qu’il représentait.


Déjà à l’époque, pour les bourrins, il y avait la possibilité de danser seul sur deux tapis (pour avoir plus de chances de se casser la margoulette). Bon, le problème c’est qu’il faut accepter de danser sur des morceaux ultra-remixés pas très connus et bien bourrins qui ne plaisent vraiment qu’aux amateurs de techno party 4 . Depuis, les temps ont changés et Dance Dance Revolution a fait du chemin jusqu’à réapparaître sur Wii avec son tapis et la possibilité de bouger avec tes bras et depuis longtemps, les musiques sont téléchargeables pour un jeu plus modulable.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, je vous conseille vivement ce jeu.

Juste pour vous dégoûter, je posterai prochainement une vidéo de moi m’excitant sur le tapis de danse (comme quoi tout le monde peut y arriver à force d’entraînement).

31/07/2008

Comment se débarrasser d’un braillard gênant en période estivale ?

decoration

Alors qu’à l’heure actuelle les mères indignes continuent de travailler malgré la présence au sein de leur foyer d’un enfant babillant en couche-culotte et cela pour une raison bassement matérielle de pouvoir d’achat vacillant ainsi qu’en raison d’un féminisme exacerbé les poussant à rechercher une réussite professionnelle ce qui a de quoi faire pâlir le plus nostalgique des admirateurs du travail, famille, patrie d’un pétainiste sur le retour ; alors, disais-je, que la croissance démographique française ne faiblit pas par rapport au reste des pays civilisés ; faisant passé cette population pour un peuple fornicateurs de première ordre au même titre qu’une communauté de lapins en rut ; alors, donc, que nous allions droit dans le mur depuis quelques temps, voici  qu’à présent la solution nous saute aux yeux : il faut faire marche arrière et se débarrasser de la vermine qui rampe sur le parquet ciré à quatre pattes telle une blatte domestique hurlante et malodorante lorsqu’il faut changer ses couches. Tous les coups sont bons à prendre pour parvenir à cet objectif ultime : l’éradication de la créature. Il est a noté que les ayatollahs droits de l’hommistes  ou autres anti-avorteurs primaires n’apprécient guère ce genre d’usages considérant une telle pratique comme un meurtre. Cependant, les faits sont là et de plus en plus de parents appliquent la recette simple du bébécide que l’on trouve dans tous les bons manuels d’ogres :

- Prenez un enfant en bas âge (entre un mois et deux ans et demi après, il risque de se pouvoir sortir)

- Amenez le faire un tour en voiture aux alentours de midi

- Garez la voiture en plein soleil

- Laissez le en lui disant que vous revenez très bientôt

- Enfermez-le à clé sans qu’il ait la possibilité d’ouvrir

- Partez faire du shopping, bosser ou rencontrer votre amant, n’importe quoi qui vous prend plus de quatre heures

- Revenez, le résultat est garanti à quatre-vingt pour cent (oui, car parfois, des personnes d’un cynisme sans nom libèrent la chose que vous avez enfermée dans votre voiture)

 

 

Pourquoi ce phénomène a-t-il un tel succès ?

Si les raisons de vouloir se débarrasser de ce parasite poisseux qui a dégueulassé jusqu’à votre plus beau costume en vomissant dessus sont nombreuses et parfaitement justifiées, il n’en est pas moins que d’autres méthodes aussi radicales voire même plus efficaces sont à la disposition des parents.  Quels sont donc les avantages d’un abandon en voiture par rapport à une noyade dans sa piscine privée ou un largage depuis le pont donnant sur la plus proche autoroute ? En premier lieu, ce phénomène est applicable à tous quel que soit le milieu social, il suffit simplement d’avoir une voiture à disposition. Dans un second temps, vous vous déresponsabilisez des événements et n’avez pas la sensation d’avoir du sang sur les mains car d’une part, vous n’assistez pas à l’agonie de la chose et il n’y a pas de tâches horribles à enlever sur la banquette arrière de la BM. Enfin, on ne vous considèrera pas comme un meurtrier (oui, certaines personnes pourraient prendre la mort de la créature que vous avez pourtant créé vous-même comme un meurtre) mais comme quelqu’un de négligeant qui portera la responsabilité d’un tel acte toute sa vie. Et vous, dans l’histoire, vous serez enfin libre !

Mes amis, profitez donc de cet été pour vous débarrasser de la vermine rampante à quatre pattes se nourrissant de bouillies et biberons à toute heure du jour et de la nuit, c’est le moment. Cet hiver, il sera malheureusement trop tard...

14:20 Écrit par Coralie dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : humour noir, bebe abandonne |  Facebook |

30/07/2008

La première règle du Fight Club...

decoration« La première règle du Fight Club est : on ne parle pas du fight club »

Si cette phrase vous dit quelque chose, c’est qu’assurément vos yeux sont déjà tombés sur le film culte de David Fincher. Si vous zonez sur internet, vous aurez toutes sortes de commentaires sur Fight Club : c’est un film misogyne, c’est un film anarchiste, c’est un film fasciste, c’est un film anti-fasciste, c’est un film anti-capitaliste, c’est un film anti-homo, c’est un film pro-homo, c’est un film nihiliste, c’est un film sur la violence, c’est un film sur le surpassement de soi…  Je ne vais donc pas montrer mon accord ou mon désaccord avec chacune des opinions qui pour la plupart sont fondées par certains aspects du film.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, au premier abord, en lisant bêtement le titre, il ne s’agit pas d’un club de boxe où le Rocky nouveau va faire ses débuts ou même pas un club de lutte à mort humaine avec paris (même si c’est à peu près ce qu’il se passe dans plusieurs scènes du film). Ici le fight de Fight Club est à prendre dans un sens plus large, c’est un club de combat et de lutte dans le sens aussi bien physique que politique et social. Les personnages principaux se battent contre la société et l’ordre établi, contre la morale, contre le capitalisme, contre tout ce qui leur est plus ou moins imposé en adoptant une espèce de carpe diem perverse dans lequel ils ne trouvent pas forcément leur bonheur.

Certains diront que ce film est un film d’action, je trouve que c’est enlever toute la portée qu’il peut avoir, tous les thèmes qui peuvent être abordés dans ce film. Est-ce que Matrix est seulement un film de SF ? Est-ce que Sixième Sens est un film fantastique comme les autres ? Est-ce que Orange Mécanique marque simplement par son immoralité et sa violence ? Dans tous les cas non et il en est de même pour fight club. On peut ne pas aimer le propos ou la violence du propos mais on ne peut pas renier le propos.

Alors si la première règle du Fight Club est : on ne parle pas du fight club, je n’en dirai pas plus. Je vous recommande simplement de le voir et espère que vous apprécierez.

Pour plus de détails sur le film, je vous conseille de visiter ce lien : http://linkman.free.fr/archives/?Fight-Club--la-premiere-...

17:53 Écrit par Coralie dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

14/07/2008

Pas de quartiers !

decorationNouveau jour,nouveau jeu, je vais vous présenter aujourd’hui une toute nouvelle boîte dans la ludothèque de notre petit groupe de joueurs invétérés : Citadelles.

Comme son nom ne l’indique pas, il n’est pas du tout question ici de forteresses, de sièges ou de murs. Mais, il est bien question pour chacun de construire une petite citée dans une ambiance moyen-ageuse. Citadelles est à la fois un jeu de rôle et un jeu de cartes. Le but du jeu est de construire huit quartiers mais surtout d’avoir les quartiers qui valent les plus cher. Chaque quartier vaut un certain nombre de pièce d’or (de 1 à 6). N’espérez cependant pas faire fortune en jouant à Citadelles car il est difficile d’accumuler les pièces : on peut se les faire voler ou voir ses efforts anéantis parce qu’on vous détruira le quartier que vous avez eu tant de mal à construire.

L’intérêt du jeu réside dans le fait qu’à chaque tour, le joueur change de rôle. Dans le jeu standard, il y a huit rôles qui sont appelés dans l’ordre suivant :

- l’assassin (il peut assassiner un personnage)

- le voleur (il peut voler un personnage)

- le magicien (il peut échanger sa main avec un autre joueur ou avec la pioche)

- le roi (il choisira son rôle le premier au prochain tour, chaque quartier noble qu’il a construit lui rapporte une pièce)

- l’évêque (il est protégé du condottiere, chaque quartier religieux qu’il a construit lui rapporte une pièce)

- le marchand (il gagne une pièce d’or et chaque quartier marchand qu’il a construit lui rapporte une pièce)

- l’architecte (il a le droit de piocher deux cartes supplémentaires et peut construire jusqu’à 3 quartiers)

- le condottiere (il peut détruire un quartier de son choix pour la valeur du quartier moins un, chaque quartier militaire qu’il a construit lui rapporte une pièce)

Chaque personnage, à son tour (sauf s’il a été assassiné), a le droit de choisir une carte quartier parmi deux de la pioche ou de prendre deux pièces d’or. Il peut également construire un quartier (sauf l’architecte qui peut en construire plus).

C’est un jeu très prenant où, à tout moment, la situation peut s’inverser. Je le recommande vraiment chaudement. On peut y jouer pendant des heures sans se lasser et, à quatre, avec deux rôles chacun, c’est déjà très très sympa. En plus, avec la version améliorée, il y a des personnages supplémentaires !

11:25 Écrit par Coralie dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jeu de societe |  Facebook |

28/06/2008

Isaac Newton et sa pomme malicieuse

decorationAujourd’hui, comme le titre peut le présager (à condition d’avoir une fois dans sa vie jeté un œil sur une Rubrique-à-Brac), nous allons parler de Marcel Gotlib et de ses Bandes Dessinées qui peuplaient Pilote (mâtin, quel journal !) il y a de cela quarante ans, oui, ça ne nous rajeunit pas, moi, d’ailleurs, ça me fait revenir à l’état de poussière, c’est dire !

 

Il était une fois une bande-dessinée au personnage récurant Isaac Newton, LE Isaac Newton, celui qui a mis en place la théorie de la gravitation universelle après s’être pris, selon la légende, une pomme sur la caboche. De cette légende, Gotlib a fait du n’importe quoi, prenant dans sa Rubrique-à-brac n’importe quel prétexte pour qu’Isaac Newton se prenne quelque chose sur la tête (ça va du petit suisse au pélican en passant par le paresseux). N’allez cependant pas croire qu’Isaac Newton est le héros de l’histoire, il n’y a pas de héros dans la rubrique-à-brac puisque celles-ci constitue des espèces de chroniques qui vont de la présentation animalière fantasque (avec le professeur Burp), à des conseils pratiques (ex : faire attention quand vous emmener votre animal de compagnie en vacances), en passant par des contes de fées revisités (le meilleur étant le vilain petit canard et sa suite !). Tout est prétexte également à raconter l’histoire idiote du fou qui repeint son plafond, présentée comme la plus désopilante de toutes. Toutes les cases ou presque agrémentées d’un bête rigolote autant que stupide la fameuse coccinelle !

 

Bref, un univers plein de fantaisies amusantes allant parfois jusqu’à l’absurde très plaisant et qui permet de garder le sourire (voir de rire !). Profitez-en pour vous jeter sur les 5 albums de la Rubrique-à-Brac : ils sont réédités pour ses 40 ans.

 

PS : Je conseille également de voir les autres albums de Gotlib : les Dingodossiers, le Cinémastock et les inénarables aventures de Gai-Luron répondant aux lettres de Jean-Pierre Liégeois, jeune lecteur du Var.

11:46 Écrit par Coralie dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10/06/2008

Scrabouif Dragons !!!

chasseursdragons2

Aujourd’hui, je vous sers un petit billet sur un dessin animé qui pour moi fait partie de ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle à la télévision : Chasseurs de Dragons. J’ai découvert cette drôle de série animée que l’on peut parfois voir sur France 3 - il n’y a donc pas que le Winx club et Foot 2 rue – en allant au cinéma. Etrange, me direz-vous, non, pas si étrange que ça puisque la dite série a été adaptée en film d’animation 3D en mars dernier. Le film était très réussi, les décors originaux (l’univers est composé de sorte d’îles qui volent dans les airs), les personnages attachants et drôles, le concept original. Du coup, lorsque j’ai entendu qu’il existait une série à l’origine de ce film, je me suis dit : « Mazette de mazout, il faut que j’aille voir ce qu’il en est ! »

Chasseurs de dragons narre les aventures de Guizdo et Lian-Chu, un joli duo de bras cassé qui ne serait rien sans leur fidèle larbin de dragon, Hector. Guizdo est le maigre froussard, spécialiste de l’arnaque, vénal et égoïste. Il passe le plus clair de son temps à faire signer des contrats à des clients embêtés par un dragon afin de leur soutirer un maximum d’or (même si, la plupart du temps, l’or, ils n’en voient pas la couleur). Lian-Chu est le colosse au grand cœur, naïf mais, assez doué pour zigouiller les dragons. Lorsqu’il ne chasse pas, il tricote des pulls pour Guizdo et Hector. Hector est la bestiole amusante qui sert de larbin et assez souvent d’appât à dragon. Il s’exprime avec des mots de deux syllabes maximum et passe son temps à se plaindre : « Ctor marre boulot ! ». Son leitmotiv est « Scrabouif » mot à la signification encore indéterminée.

Nos chasseurs de dragons sont logés à l’auberge du dragon qui tousse où leur note est exorbitante. Heureusement, la tenancière à un faible pour Guizdo, sinon, ils seraient déjà à la porte. Jeanneline, la tenancière bien en chair et au caractère bien trempé vit avec sa fille Zaza qui a une dizaine d’années et rêve de devenir elle-aussi chasseuse de dragons.

Le caractère et les relations entre les personnages sont bien exploités, l’animation est soignée et c’est toujours drôle. Bref, même si j’ai soi-disant passé l’âge, je m’amuse comme une gamine devant cette série de dessin animé française qui a le mérite de ne ressembler à aucune autre.

23:15 Écrit par Coralie dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

25/05/2008

Des monstres à buter !

Aujourd’hui, partons à la découverte d’un monde pas beau, infesté de bouffeurs de chairs humaines à l’allure vaguement humanoïde : Zombies !!!

Zombies !!!
(il faut pas oublier les trois points d’exclamations) est un jeu de société (oui, encore un, c’est mon blog, je fais ce que je veux !) assez fendard où vous évoluez dans une ville américaine envahie de monstres qui n’attendent que de vous bouffer. Votre objectif, si vous êtes trouillard, atteindre le premier l’héliport, prendre l’hélicoptère pour vous barrer de cette ville pourrie en laissant vos adversaires se faire dévorer ; si vous êtes téméraire, zigouiller 25 zombies (sans vous faire tuer avant).

Le visuel valant plus qu’un long discours voici un exemple de Raphi trucidant des zombies sous l’œil admiratif de Flo et Zulie (et d'autres qu'on ne voit pas sur la photo, entre autre, le genou à gauche).


Zombies

Comme on peut le voir, sur cette table est posé un terrain de jeu (la ville) qui évolue puisqu’à chaque tour, un joueur pose un bout de rue supplémentaire (qui est agrémenté de zombies supplémentaires). Dans ces bouts de rue, il peut y avoir un bâtiment dans lequel il est possible de se réfugier (et surtout de trouver des vies pour se soigner et des balles utiles contre les zombies). On a aussi des personnages assez moches gris-blanc ou verdâtre, les fameux zombies, et les personnages moins moches (de couleur criardes) qui sont les derniers survivants que vous incarnez.

Les bases étant ainsi posées, je vais vous expliquer un peu comment se déroule le jeu. Comme tout jeu qui marche, la règle est simple. A son tour, le joueur pose un bout de rue sur la table puis, il lance le dé, c’est le nombre de case dont il peut avancer. A chaque fois qu’il rencontre un zombie (il ne peut y avoir qu’un seul zombie par case), on jette le dé pour le combat. Si le résultat est supérieur à 4, le zombie est zigouillé, sinon, soit :
- on dépense des balles (chaque balle équivaut à +1 pour le jet de dé)
- on dépense une vie (et dans ce cas on doit relancer le dé)
- on meurt (et on recommence à zéro)

Pour pimenter le jeu, chaque joueur a aussi dans ses mains des cartes événement qui peuvent permettre de ralentir un joueur qui serait trop proche de l’héliport, d’ajouter des zombies ou d’avoir un bonus (certaines cartes ne peuvent se jouer que dans certains bâtiments).

Une partie dure quand même au minimum une heure mais c’est assez plaisant et, du fait de la carte évolutive, chaque partie est différente. Autant dire que je vous conseille comme moi d’y aller : buter les zombies !

23:27 Écrit par Coralie dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jeu de societe |  Facebook |

21/05/2008

Les frangins chanteurs

Il y a quelques temps, sous les conseils de Charmant qui préconisait que j’essaye d’écouter de temps en temps des radios musicales pour changer des débats habituel d’Europe 1 et France Culture – je sais, ça fait peur quand je dis que j’écoute ça -, j’ai écouté par internet virgin radio nouvelle scène (ex : Europe2) : http://scenefrancaise.virginradio.fr

A la suite de cette écoute, une chanson m’a titillée l’oreille. Cette chanson c’est L’interprétation, une chanson qui traite de la violence urbaine en générale et de celle des flics en particulier ; le rythme était entraînant, les paroles intéressantes, de quoi aller creuser plus loin. 

J’ai donc creusé pour découvrir qui chantait cette chanson et je suis tombée sur Volo : groupe composé des deux frères Volovitch, Frédéric et Olivier. Ils ont composés deux albums studios : Bien Zarbos et Jours Heureux qui constituent des petits bijoux (surtout Jours Heureux). Comme je le disais, il y a du rythme, un bon son de guitare, la performance vocale n’a rien d’exceptionnelle mais les textes sont travaillés. Bref, ça se boit comme du petit lait et moi, j’en redemande. Il est donc normal que je consacre un peu de ce blog à cette découverte musicale.

Pour vous donner un avant-goût, je vous propose le clip de Fiston, chanson pas engagée mais très sympa. Bon clip !

10:59 Écrit par Coralie dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : nouvelle scene, volo |  Facebook |

06/05/2008

Par une belle nuit de 1888

        Voilà des mois qu’ils ne parlent plus que de ça. Les crieurs de journaux n’ont plus que ce mot-là à la bouche et ils le scandent avec une délectation malsaine. Toute la misère du monde chez vous pour moins de dix pences ! Tous s’enflamment pour cette sombre affaire. Quoi de plus normal ? Cette affaire fait revenir à la surface leurs fantasmes en sommeil : leurs attentes de perversion inassouvies, leur misogynie exacerbée… Quelque part, ils l’admirent. Ils sont fascinés, hypnotisés par l’œuvre morbide de ce génie : la précision du mode opératoire, l’absence de mobile, l’absence de réel suspect. Ils pensent tenir là une idole, une icône. Les journalistes l’ont quasiment élevés au rang de dieu (ou de diable mais où est la différence ?). Tous les jours, ce sont de nouvelles fausses lettres du tueur qu’ils publient, de nouvelles spéculations sur son identité, de nouvelles affabulations sur son profil psychologique. Ils attendent plein d’espoir qu’il opère à nouveau : chaque crime est un nouveau sanctuaire à étudier, un nouveau chef d’œuvre de barbarie à analyser et chaque chef d’œuvre leur fait vendre des exemplaires et des exemplaires de leur journal. Des journaux, je n’en ai jamais vu se vendre autant depuis que ça à éclater. Tous ceux qui savent lire se promènent avec un exemplaire du Star entre les mains et ceux qui ne savent pas se précipitent sur le Star pour voir les croquis et les quelques clichés qui y sont publiés. Ils vont jusqu’à interpeller les flics (qui sont obligés de quadriller le quartier depuis que ça a éclaté) pour leur demander de leur lire le dernier article qu’a écrit Bert, le journaliste vedette du Star.

        Pourtant, avant, ici, on ne s’intéressait à rien ; moi la première. Ici, on n’a guère le temps de penser aux misères des autres, on est déjà trop occupés par les nôtres. Ici, le vol et la violence sont monnaie courante : on a appris à vivre avec. Ici, tout le monde boit des pintes d’un alcool frelaté au goût infect : ça aide à oublier la douleur physique des journées éreintantes. Et les hommes tabassent leurs femmes quand ils ont trop bu… Ici, les femmes se prostituent pour arrondir leurs fins de mois : c’est ça ou crever de faim. Ici, les gamins fouillent les poubelles à la recherche de quelque chose à manger ; quand ils ne font pas les poches des riches qui osent s’aventurer en ces lieux. Ici, on cohabite avec les rats et les maladies, les rues sont sales et sentent l’urine. Ici, on déteste le juif et le bourgeois, l’autorité et sa Majesté : tout ceux qui ont de l’argent sont les malvenus. Ici, les policiers n’osent se déplacer que quatre par quatre, plus soucieux de leur propre sécurité que de la nôtre. Ici, Dieu a donné à chacun une part de galère et elle est équitablement partagée entre tous.
        Puis, il y a quelques mois, le fléau est arrivé. Un cadavre, ce n’est pourtant pas une chose qui fait habituellement peur. Un meurtre, ça arrive, surtout aux catins. Il suffit souvent de peu : un client aviné sans le sou, un adepte de pratiques sexuelles un peu douteuses… Mais, là, la barbarie affichée des meurtres avait mis tout le quartier en émoi. La peur avait envahi les rues. Une peur qui se lisait sur tous les visages, une peur alliée à un lourd sentiment de colère. Je le sens, partout autour de moi, l’exaspération gagne du terrain, surtout après la nuit du double meurtre. Il plane un sentiment de révolte, presque de rébellion envers les autorités, envers les journalistes qui croient tout savoir. Pourtant, les gens gardent étrangement espoir, une certaine foi : ils se ruent sur le crieur de journaux dans l’attente de la bonne nouvelle, ils se ruent sur les flics pour qu’ils masquent leur peur. Ils ont tort d’espérer.

        C’est une belle nuit de novembre. Il fait froid mais pas trop. Je suis sur les rotules, comme toujours. Il n’y a pas un soir sans que cette douleur lancinante ne m’étreigne tout le corps. Je trime quinze heures par jour à l’abattoir à répéter toujours les mêmes gestes, debout, à mon poste, dans le bruit assourdissant de ces nouvelles machines qui treuillent les carcasses de porcs. A ce bruit de métal se mêle, un peu plus lointain le bruit des derniers couinements du cochon que l’on égorge et l’odeur du sang. Le sang… Cette odeur de sang et de mort est omniprésente, elle s’imprègne jusque dans mes vêtements, jusque dans ma chair. Je trouve que cette odeur a quelque chose de rassurant au milieu de cet univers de métal, c’est la seule chose qui émane réellement d’un être vivant. Autour de moi, les hommes travaillent à la chaîne au même rythme que les machines ; même la sueur qui sort des pores de leur peau a une odeur mécanique. Je suis la seule femme à travailler là, mais personne ne sait que je suis une femme, pour tous mes collègues, je suis : « le gringalet ». Je viens à l’abattoir habillée en homme, une casquette à la visière large vissée sur la tête pour masquer les traits un peu trop fins de mon visage. J’ai l’avantage d’avoir une silhouette androgyne, il est assez facile pour moi de passer pour un homme. Pour pouvoir travailler ici, je suis obligée d’user de ce subterfuge; aucun homme n’accepterait qu’une femme puisse faire le même travail que lui, aucun, excepté peut-être James Rawyer.
James Rawyer est mon supérieur, il est chargé de contrôler les rythmes de productivité de chaque poste. Il n’est pas très bien vu, ici. Parmi les ouvriers, tout le monde se méfie un peu de lui parce qu’il est américain. Les mots qui sortent de sa bouche ont une couleur étrange, quelque peu exotique, bien loin de notre argot de l’East End. Peut-être est-ce parce qu’il se sait marginalisé qu’il m’a démasquée ? En tout cas, dès mon premier jour à l’abattoir, il a eu des doutes. Il y a des attributs féminins qui peuvent difficilement être dissimulés : ma voix est trop aiguë, ma carrure faiblarde et mes traits un peu trop fins. Cependant, à l’abattoir, personne ne fait suffisamment attention aux autres pour le remarquer. Jusqu’à présent, seul James Rawyer a découvert le pot aux roses, lui seul est au courant de mon numéro de travesti et, par voie de conséquence, lui seul est susceptible de me dénoncer. Je sais que s’il avait dû me balancer, il l’aurait déjà fait mais, on ne balance pas quelqu’un qu’on admire. Oui, James Rawyer m’admire. Il m’admire comme ces voyeurs assoiffés de sang admirent ce dieu de l’abomination dont parlent tous les journaux : attirés par le sang et la transgression de l’interdit. Il me voit en tant qu’un être prohibé dans cet univers de sang et de métal mais aussi comme une métamorphose. Il me voit travaillant la chair morte avec une précision d’orfèvre dans un rythme effréné (pas plus de vingt secondes par bête). Il me voit tenir ce rythme sans me plaindre, mettant du cœur à l’ouvrage. Je le fascine parce que, dans son idéal, aucune femme ne pourrait le faire. Je suis l’unique. A ses yeux, j’ai une dimension fantasmagorique et cela d’autant plus que je suis le meilleur ouvrier de l’abattoir pour l’éviscération des bêtes.
        Cet art de l’éviscération je l’avais appris durant mon enfance. Je suis née ici, dans les bas fonds de ce quartier insalubre. Je suis la fille d’une catin, une catin dont j’ignore tout sinon qu’elle m’a abandonnée à Swallows Garden quand je savais tout juste marcher. C’est un boucher juif qui m’a recueillie, élevée - et abusée sexuellement - pendant les douze premières années de mon existence. J’ai pu apprendre un certain nombre de choses à son contact : à lire et écrire d’une part, à connaître toute l’anatomie d’un être vivant d’autre part. Je l’observais à l’œuvre : débitant les morceaux de viandes, éviscérant les lapins. Ca avait quelque chose de la création pure : il arrivait à extraire d’un animal mort des morceaux superbes, agréables à regarder, si éloignés de l’état initial de la bête que c’était à se demander s’ils étaient issus de la même matière. Par imitation, dès mon plus jeune âge, je me suis amusée avec les rats : je les dépeçais, je leur ouvrais le ventre, je prélevais leurs intestins, leurs abats. J’en ai acquis une certaine dextérité. Lorsqu’à douze ans, je suis partie de chez le boucher, je ne savais faire que ça : travailler la viande morte.

        Huit heures sonnent. Mes pas me conduisent au Ten Bells Pub, comme toujours : le havre de l’alcool et de la déchéance humaine. A cette heure-ci, il est bondé. Nous sommes vendredi soir : la semaine est terminée et le repos salvateur est enfin arrivé. Je connais la quasi-totalité des gens présents ici. Tout le quartier se retrouve dans ce pub, il n’y a que des habitués : des travailleurs pauvres dont je fais partie. Une bonne partie de ma paye passe dans l’alcool. Ici, tout le monde est plus ou moins alcoolique. L’alcool c’est la seule chose qui permet encore à mon corps de se maintenir debout, à bout de forces ; la seule chose qui permet de me faire oublier ces courbatures qui m’enserrent le corps. A peine entrée dans le pub, Dave O’Gordan, le patron, m’interpelle : « Une chope à six pences, ma chère Beth ?
O’Gordan tient ce pub depuis plus de vingt ans. C’est un endroit assez sale où l’alcool est infect mais, pas plus qu’ailleurs dans le quartier. Ici, le patron a l’avantage d’être relativement arrangeant. Il lui était arrivé au moins deux fois de me faire crédit. Je fouille le fond de la poche de mon jupon, j’en sors dix shillings, presque une fortune.
- Non, aujourd’hui, ce sera ton whisky à deux shillings, réponds-je.
- Oh ! Oh ! Tu as dévalisé un mort, toi !
- Juste quelques heures supplémentaires.
- Et, tu es disponible ce soir pour quelques autres « heures supplémentaires » ? demande-t-il, l’œil lubrique.
En tant que tenancier de pub, O’Gordan a un revenu convenable qui lui permet de s’offrir assez régulièrement les services d’une ‘‘occasionnelle’’. Je lui fais signe d’approcher afin que je puisse lui murmurer la réponse à l’oreille.
- Onze heures, sous le porche du 6 Goulston Street. »
Il me sourit en me servant mon verre. A son sourire, je vois déjà que son esprit n’est plus à l’instant présent, il est déjà quatre heures plus tard, afféré à me sauter. Cela me permet de prendre, outre les huit shillings de ma monnaie, quatre pences laissés à sa discrétion par un autre client (il n’y a pas de petits profits).
        Je rend son sourire à O’Gordan et emporte mon verre un peu plus loin dans le pub. Millie me fait signe de la rejoindre. Elle est assise à côté de Crabs, un de ses clients régulier. Millie, de son vrai nom Emily Gathering, travaille à l’usine textile du nord-ouest, elle habite à deux rues de distance de chez moi. Elle a presque mon âge, à deux ou trois ans près. Je la connais parce que nous racolons sur le même secteur. Je racole assez régulièrement. Contrairement aux autres, je ne le fais pas pour survivre, mon salaire à l’abattoir est un salaire d’homme et, bien que peu élevé, il me permet de payer mon loyer et d’acheter à peu près de quoi manger. Pour mes dépenses d’alcool, je pourrais m’en sortir en chipant quelques bourses aux bourgeois de passage, comme je le faisais auparavant. Si j’en suis venue à la prostitution, c’est parce que je pensais, par ce biais, chasser mes démons. Je pensais qu’en l’imitant, j’arriverais à pardonner à ma mère ; je le crois toujours un peu d’ailleurs, mais je me mens à moi-même. Chaque passe est une torture qui ne contribue qu’à une chose : accroître ma colère et ma haine. L’acte en lui-même me fait horreur et l’argent que l’on peut me donner en contrepartie ne le rend que plus dégradant encore. Comment une femme peut-elle s’abaisser à de telles pratiques ? Quand je vois Millie discuter avec Crabs en bons amis, j’ai envie de vomir. Elle aime être une putain. Certes, elle ne prend pas vraiment de plaisir ; quand on fait le tapin, on sait qu’on prend des risques : entre le risque de se retrouver avec un polichinelle dans le tiroir, cette saloperie de syphilis qui rode et les mauvais flics qui abusent de leur autorité pour avoir une gâterie gratuite, les putains n’ont jamais été bien loties (sans parler des clients mécontents et ivres qui finissent par sortir un couteau ou par tenter l’étranglement). Mais ce mode de vie convient à Millie. Ca lui convient de contribuer à la dégradation permanente de la femme, de conforter les hommes dans leur instinct de domination, de se vendre comme un morceau de bétail sur l’étal d’un boucher. Je me demande ce qu’elle ressent pendant ses passes. Est-ce qu’elle imagine le cliquetis des pences qui s’entrechoquent à chaque fois qu’un client la pénètre ? Ou est-ce qu’elle se laisse remplir comme un quelconque récipient sans aucune arrière pensée ?
        Après avoir joué des coudes dans le pub, j’arrive à la table où elle est installée : « Salut, Millie, Crabs.
- Tu as lu le Star ? S’enquiert Millie.
- Non, qu’est-ce qu’ils disent ?
- Ils ont encore publié une lettre où il dit qu’il ne s’arrêtera pas tant qu’on ne l’aura pas capturé.
- Comme s’il avait le temps d’écrire des billets doux à la police…
- J’ai causé avec Dew, intervient Crabs, Scotland Yard pense que c’est une vraie lettre.
- Qui c’est Dew ? Demandé-je.
- Un officier qui ratisse le quartier enfin, censé. S’ils foutaient vraiment quelque chose, il y a longtemps qu’ils l’auraient attrapé…
- Ils font ce qu’ils peuvent, défend Millie.
- C’est un de ces sales juifs qui est coupable, trancha Crabs, et ils ne sont même pas capables d’aller le cueillir ! »
Les spéculations finissent toujours par venir sur ces saletés de juifs. Ils constituent le bouc émissaire idéal en toute circonstance. Cependant, il faut avoir assez peu de jugeotte pour croire que seul un juif est capable de mauvaises actions (comme pour considérer qu’une femme n’est pas capable de faire la même chose qu’un homme).
        Je bois une gorgée de mon verre. Il est à moitié vide. Je n’aurais pas dû dépenser deux précieux shillings dans un alcool aussi infect. Enfin, je n’aurais surtout pas dû m’abaisser à prendre ces dix shillings. Qu’est-ce qui m’était passé par la tête ? Pourquoi avais-je accepté ce marché, pourquoi avais-je préféré être réduite à un objet que l’on achète plutôt qu’à… quelqu’un ? Je ferme les yeux un court instant. Toute ma rancœur se précipite dans ma tête. Je les hais. Je hais ces femmes. Je hais ces salopes qui abandonnent leurs mômes sur le parvis de l’église comme des déchets nauséabonds. Je hais ces femmes qui préfèrent survivre dans la fange des caniveaux, en se faisant de l’argent dans la pénombre d’un porche ou d’une cour, quitte à être en cloque à nouveau plusieurs fois. Je me hais aussi, moi, la putain issue de la putain parce qu’au final, je finirai comme elles, je suis déjà comme elles. Même si je hante ce milieu plus que je n’y vis vraiment, même si je me déguise en homme pour me persuader que je ne suis pas comme elles, même si je les déteste : je reste une catin, une catin qui a accepté de prendre dix shillings plutôt qu’un peu d’amour.
        « Et toi, qu’est-ce que tu en penses ? Demande Millie.
Je lève la tête de mon verre. Je ne me suis même pas rendue compte que je l’ai vidé d’un trait.
- Je pense à un Américain.
- Un Américain, pourquoi un Américain ?
- Rawyer.
- Ah ! Ton Américain ! »
Mon Américain, c’est le bon terme, en effet. Aujourd’hui, c’était la troisième fois que j’allais chez lui. Il faut que j’arrête de le voir. Il faut absolument que j’arrête de le voir. A l’abattoir, les gars commencent à trouver tout ça louche et James Rawyer… Plus le temps passe, plus il s’attache. Il me dorlote, il me cajole, il... m’aime ? Oui, je crois. Il m’aime et je ne peux pas l’admettre. Je ne veux pas qu’il m’aime, il n’en a pas le droit. Personne n’a ce droit. Comment ose-t-il me dorloter et me cajoler ? Moi, la putain issue de la putain, l’éviscéreuse de porcs, comment peut-il me considérer comme une « femme admirable », comme il le dit si bien ? Est-il à ce point aveugle pour ne pas me voir telle que je suis ? Ce soir, il m’a suppliée de rester, d’emménager dans le studio qu’il loue sur Plumber’s Row. Il m’a même dit que j’étais merveilleuse. Comment peut-on proférer de telles énormités ? Beth, la merveilleuse ; Beth, la magnifique, comme si je pouvais mériter un seul de ces qualificatifs. Il m’a dit qu’il voulait m’emmener en Virginie voir les plantations de cotons et les nègres. Il m’a dit qu’il voulait me garder à ses côtés pour toujours. Pendant une seconde, j’avais eu l’envie de lui dire « oui ». Peut-être que j’aurais pu partir avec James Rawyer, tirer un trait définitif sur ma vie, sur ce que j’étais, redémarrer autre chose, mettre un océan entre ma mère (ma salope de mère qui m’avait laissée crever dans ce parc) et moi. Mais, je ne peux pas tirer un trait sur ça, j’en suis parfaitement incapable : ce serait nier tout ce que je suis, tout ce que j’ai entrepris jusqu’à présent, ce serait renoncer aux choses qui sont déjà en marche. Alors, j’ai dit « non » à James Rawyer. Il a insisté, j’ai persisté. Il m’a pris la main pour y déposer dix shillings et il m’a fait promettre de revenir demain. J’ai pris l’argent et j’ai dit que je reviendrai puis, je suis partie. Si j’avais eu le courage de lui déchirer son billet sous les yeux…

        « Tu es amoureuse, déclare Millie.
- Beth, la fille la plus frigide du quartier, amoureuse ? On aura tout vu ! S’exclame Crabs.
- Je ne suis pas amoureuse.
- Bien sûr que si ! Regarde la tête que tu fais ! Poursuit Millie sans se préoccuper de l’intervention de Crabs.
Je reste silencieuse un instant
- Pourquoi tu ne vas pas le voir, cet américain ? Pourquoi tu ne vas pas lui dire ce que tu ressens vraiment ?
- Je ne veux pas rentrer dans ce genre d’histoires.
- Pourquoi ?
Ses interrogations commencent fortement à m’agacer.
- Parce que j’ai des choses bien plus importantes à faire, dis-je en me levant de ma chaise pour couper court à la conversation. Je vous laisse.
A peine levée, Millie m’attrape le bras. Elle a un regard presque inquiet.
- Tu ne vas pas faire le tapin ce soir ?
- Si, bien sûr.
- Mais c’est dangereux ! Tous les meurtres ont eu lieus un week-end !
- Oui et alors ? Justement le week-end, c’est le moment où il y a le plus de clients. Et puis, le week-end dernier, personne n’est mort que je sache.
- Oui, mais il en a tué deux la même nuit. »
La dernière victime se nommait Kate Kelly, de son vrai nom Catherine Eddowes. C’était une ‘‘occasionnelle’’. Elle avait une quarantaine d’années, elle aurait pu être ma salope de mère ; elle l’était peut-être d’ailleurs, je ne le saurais jamais… Il y a un mois, ils ont retrouvé son corps méconnaissable à Mitre Square : le visage tailladé de partout marqué d’un large V, le nez et les oreilles coupées, le ventre grand ouvert sur ses entrailles, son intestin, son rein, son foi prélevés ainsi que son fond de commerce. A peine une heure avant, une autre pute avait été tuée : égorgée seulement ; un boulot qui avait été beaucoup plus salopé que pour Kate Kelly. Les journalistes et Scotland Yard avaient mis les deux crimes sur le dos du même assassin. Ils sont vraiment très idiots. Il ne faut pourtant pas être une lumière pour savoir qu’on ne peut pas parcourir le chemin entre Berner Street et Mitre Square, prendre le temps de charcuter une femme et s’enfuir en moins d’une heure. Mais, cette analyse leur plaisait, elle avait quelque chose de plus sensationnel, de plus fantastique et surtout, elle permettait de vendre plus de journaux. Ici, personne ne remettait en cause cette version des faits.

        Je dégage assez facilement mon bras de l’étreinte de Millie puis réaffirme : « J’ai des choses importantes à faire.
- Beth, si tu ne le fais pas pour moi, fais le au moins pour ton Américain. Je suis sûre qu’il ne voudrait pas qu’il t’arrive malheur.
- A moins que ce soit cet Amerloque le meurtrier, intervient Crabs. J’ai jamais pu les sentir moi ces types qui débarquent d’on ne sait où et qui ramènent leur science !
- J’ai promis une passe à O’Gordan, affirmé-je.
Il y a un temps mort de stupéfaction de la part de Millie. Enfin, elle finit par lâcher prise.
- Fais ce que tu veux ! »
Je m’en vais sur un hochement de tête. Millie crève de peur. Elle essaye de le dissimuler mais elle crève de trouille. Elle est innocente. Une pute innocente, la formule a de quoi faire rire ! Elle ne comprend pas ce qu’elle a pu faire de mal pour faire partie des cibles potentielles du tueur. Pour elle, toutes ces catins : Polly, Dark Annie, Long Liz et Kate Kelly sont des martyrs. Il y a un leitmotiv qui revient souvent dans la presse : « Elles ne méritaient pas de mourir. » J’aurais aimé qu’ils me donnent des exemples de personnes qui, selon eux, méritent de mourir, mis à part ceux qui ont tué les premiers.

        Je traverse le pub en bousculant quelques clients. J’aperçois Peter, une chope de gueuze à la main. Peter travaille au dépeçage. En me voyant passer, il me gratifie d’un sourire édenté et en profite pour me coller la main aux fesses. Je suis certaine que ce type ne fait pas le rapprochement entre moi et l’homme avec qui il travaille pourtant chaque jour pendant quinze heures. Comment peut-il être à ce point aveugle ? Ou est-ce qu’ils font tous semblant de rien ?
        Je sors du pub, il fait nuit noire : aussi noir que le fond de mon âme. Je déambule dans les rues, sans but. Il y a pas mal de nouvelles têtes qui circulent dans le quartier depuis que ça a éclaté. La plupart sont des hommes de la City, des aristos ou des notables admiratifs du travail du tueur. Ils s’empressent dans les ruelles déjà bondées à la recherche de sensations fortes. Ils viennent la nuit en explorateurs, en « témoins de l’histoire ». Ils s’infiltrent parmi nous, pour examiner nos vies comme si nous étions une sorte de tribu d’indigènes. La pauvreté environnante doit leur paraître exotique. Avec l’attitude d’un fauve traquant sa proie, ils observent. Ils regardent les types qui s’écroulent ivres morts sur le pavé, ceux qui chantent des chansons paillardes à tue-tête, ceux qui jettent des sauts d’urine sur la tête de ces derniers, ceux qui se battent, celles qui ameutent le client ou ceux qui discutent tout simplement à la lumière blafarde d’un rare lampadaire. Je ne sais pas ce qu’ils pensent trouver de la sorte. D’autres viennent ici comme en pèlerinage, ils effectuent le parcours sanglant de Buck’s Row à Hanbury Street, du club Berner à Mitre Square ; l’un cherchant une marque de sang séché sur les pavés, l’autre une prostituée qui aurait connue Polly ou Long Liz. Parfois, ils vont jusqu’à lancer quelques cacahuètes aux indigènes comme cet homme en chapeau haut-de-forme qui est venu me demander mes tarifs. Il croit certainement qu’en se payant une pute, il comprendra pourquoi le tueur s’acharne sur elles. Ces types cherchent à s’imprégner des lieux, persuadés qu’ils arriveront à capturer, à ressentir une partie de la présence de leur idole. Dans leur for intérieur, tous espèrent surprendre le fléau étrange qui a frappé cette partie de l’East End. Tous pensent que s’ils le croisent, ils le reconnaîtront au premier coup d’œil ; qu’ils sentiront son aura diabolique. Je suis sûre que parmi ces nobles messieurs, on trouve les quatre-vingt pourcent des mythomanes qui envoient les lettres que publient tous les journaux. Au milieu de tout ça, il y a aussi la belle équipe de police de sa Majesté. Ils font leurs rondes, demandant ça et là si quelqu’un n’a pas vu quelque chose de louche. Pourquoi ne comprennent-ils pas que celui qu’ils cherchent n’a rien de louche ? Pourquoi ne comprennent-ils pas qu’il habite forcément ce quartier pauvre ? Qu’il est sous leur nez ! Pourquoi cherchent-ils absolument un homme à l’air étranger ?
        En passant par George Yard, je scrute du regard ces vieilles catins occasionnelles qui racolent. Est-ce qu’elles ont peur ? Elles devraient : jusqu’à présent, toutes les victimes avaient autour d’une quarantaine d’années. Il y a aussi l’autre question : est-ce que l’une d’entre elles est ma mère : cette salope qui m’a abandonnée à ce pervers de juif ? Ma putain de mère… Durant toute mon enfance, je me suis demandée si parfois elle pensait à moi, si elle regrettait son geste. Je me demandais si elle arrivait à vivre normalement en ayant fait ce qu’elle avait fait. Et puis, à l’époque, j’espérais. J’espérais qu’un jour une dame arrive dans la boutique du boucher juif et demande s’il ne savait pas ce qu’était devenu son enfant, sa pauvre enfant qu’elle regrettait tant d’avoir laissée au milieu d’un square. Malheureusement, personne n’est jamais entré dans sa boutique pour tenir pareil discours. J’ai donc finis par détester ma mère et tout ce que je pouvais associer à elle : les putes. Après les abus sexuels dont j’avais pu être victime, ça m’était d’autant plus facile de les détester. Comme l’a dit si justement Crabs, je suis frigide, mon cas va même au-delà de la frigidité puisque l’acte sexuel me rebute et m’écoeure. Je ne comprends pas comment on peut envisager tirer profit de cet acte si… horrible. Je ne comprends pas. Mais le pire dans l’histoire, c’est moi, ce que je suis devenue. Mon échec est absolu. Depuis des années, je vis avec l’obsession de l’image de ma mère que je cherche à tuer mais, au final, je suis devenue ma mère.
        Cette réalité me paraît d’autant plus apparente lorsqu’à l’heure convenue, O’Gordan me prend sous un porche de Goulston Street, le tout surveillé par le regard vicelard d’un policier qui fait sa ronde. Cette putain qui se fait sauter, est-ce que ça peut être moi ? Est-ce que ça peut être moi qui prends les quinze pences qu’O’Gordan veut bien me donner pour la passe ? Est-ce que c’est bien moi qui, quinze minutes plus tard accepte de faire une pipe au policier voyeur pour trois pences ? Cette fille que je vois me fait vomir. Cette pute qui n’a même pas besoin de faire le trottoir pour vivre… Qu’est-ce qu’elle fait, qu’est-ce qu’elle tente de prouver ? Trouver sa mère pour s’en venger, au départ, c’était sa quête. Une quête vaine ! Comment aurais-je pu trouver ma mère dans la fourmilière de catins qui peuplait Whitechapel ? Il faudrait encore des années avant que je sois assurée de l’avoir trouvée et encore, il reste toujours l’hypothèse que cette salope ait quitté le quartier. La soif de vengeance m’a menée bien loin : jusqu’à cette mascarade idiote. Je ne suis qu’une mascarade : moi, le gringalet de l’abattoir ; la fausse pute du caniveau. Mon existence n’est que mensonge, une mauvaise pièce de théâtre de ce qu’aurait pu être la vie de ma salope de mère.

        « Tu es merveilleuse. » Les paroles de James Rawyer résonnent dans ma tête. Elles n’ont jamais sonné aussi faux qu’à ce moment précis. Je suis sur Thrawl Street. La nuit est froide et il pleut. Il est près de deux heures du matin. C’est vers cette heure-ci que les catins usent leurs derniers clients. La grande jeune femme aux cheveux blonds et aux yeux clairs racole, fredonnant une chanson sans âge : a violet from mother’s grave. Je crois que j’ai toujours connu cette chanson. Peut-être ma mère me la chantait-elle avant de m’abandonner ? La putain demande six pences à un homme qui passe. Je crois que je l’ai déjà vu au Ten Bells Pub. Le type ne répond pas favorablement à la proposition, cette attitude me fait sourire intérieurement. La putain lui réplique : « Je les trouverais bien par moi-même. » Le type s’éloigne. Je réajuste mon manteau, il commence à faire frisquet. La putain s’éloigne accoster une nouvelle proie. Elle est moi. La femme échange quelques mots et rit sans prêter beaucoup d’importance à qui elle a affaire. Peu importe qui peut vouloir payer, quelque part, moins on en sait mieux on se porte. Quoique, par les temps qui courre, il aurait peut-être mieux valu se montrer plus prudente.
        Cette femme qui entre accompagnée dans la chambre du 13 Miller’s Court n’est nulle autre que moi. Lorsqu’elle verrouille la porte de l’appartement et que le piège se referme, elle n’est nulle autre que moi. L’appartement est assez minable : c’est une pièce au rez-de-chaussée, sans chauffage mais il y a l’eau courante. Elle est très simplement meublée : un lit, une table, deux chaises, une commode, un lavabo et un miroir. A bien y regarder, cette femme est assez belle pour une catin. Je l’avais omis. Ici, tout est tellement sale que tout est enlaidi. Il est même difficile d’envisager qu’au milieu de cet univers, une seule personne ne présente pas ce même trait de médiocrité… Elle s’allonge sur le lit, offerte. C’est là que tout s’achève.
Un cri résonne : « Au meurtre. ». Le couteau à la lame aiguisée glisse sur la peau. Il égorge, il taillade la chair, il défigure le visage, il exécute des sillons, toujours plus profond à travers les pores. Le geste est précis et méthodique, sans faille, sans tremblement aucun. Au final, il n’y a plus qu’un amas de chair désordonné, sanglante qui n’a plus rien de commun avec ce qu’avait pu être le visage initial. Ensuite, le couteau fait son œuvre au niveau du cou. Le coup fatal a été porté à la gorge mais les plaies dessinées à présent sont creusées jusqu’à l’os. Puis, c’est au tour des bras d’être tailladés comme striés. Ce sont ensuite les seins qui sont coupés à vif, laissant une poitrine d’une platitude masculine. Puis, c’est le bas du corps qui est visé : les entrailles. Les intestins, les reins, le foie, la rate, le cœur : tout est prélevé, dépouillé à leur propriétaire. Et tout baigne dans une mare de sang immonde, l’odeur de mort envahit les lieux. Les mains prélèvent les organes, dégoulinantes de liquide à l’aspect gluant. Elles posent le rein sous la tête, le foie entre les pieds comme effectuant une sorte de ronde autour du cadavre. Les viscères quant à elles sont éparpillés un peu partout. Et puis, le plus important peut-être, le sexe est prélevé lui aussi, et placé avec le rein. Les pieds reculent de la couche du cadavre. Le couteau a cessé son ballet morbide, les mains également : l’œuvre est à présent terminée. Elle est arrivée à l’état de perfection qu’il fallait atteindre.

        Le souffle est court d’avoir exécuté ce massacre. Les mains s’approchent du robinet pour se défaire du sang qui est imprégné sur la peau. La fille qui est étendue sur le lit ne fera plus jamais le tapin pour gagner quelques pences supplémentaire (ni pour faire quoi que ce soit d’autre d’ailleurs). Cette fois-ci, tout est fini. Les mains prennent le cœur qu’ils enveloppent dans un linge afin de le transporter plus facilement. Les yeux prennent un instant pour admirer le spectacle. Je ressens alors un intense sentiment de fierté. Je crois qu’à défaut d’avoir atteint mon objectif, de m’être vengée de ma mère, de ma salope de mère qui m’a abandonnée alors que je savais à peine marcher, je viens d’atteindre quelque chose de bien plus grand encore. Oui, je viens d’accomplir quelque chose de grandiose. Je m’en rends compte à cet instant : je suis le maître. Un sourire illumine alors mon visage : le sourire de mon triomphe. A cet instant, je sais que mon œuvre est la plus sensationnelle de tous les temps, que les amateurs d’enquêtes policières chercheront mon identité pendant des décennies et des décennies. Ils admireront ce travail, cette précision de l’exécution mais jamais, jamais ils ne me trouveront et jamais ils ne comprendront pourquoi j’ai assassiné ces putains et en particulier celle-ci, cette putain qui avait tout de la putain que je suis (ou plutôt que j’étais). Je me nomme Beth, je viens d’assassiner une pute nommée Marie Jane Kelly. Je suis le fléau du quartier pauvre de Whitechapel que tous les journaux ont si poétiquement baptisé : « Jack l’Eventreur ».

16:10 Écrit par Coralie dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

05/04/2008

Détournement cinématographique

decorationEn me baladant dans la verte plaine morne et fleurie de l’Internet à la recherche de quelques avis sur les films à venir dans le but de distraire quelque peu ces après-midi pluvieux (et mornes, eux-aussi), le hasard conduisit le clic distrait de ma souris vers le lien de ce site qui à l’honneur de faire l’objet du billet ci-présent.

Le site en question est la parodie du bien connu allociné, le site internet de référence lorsqu’il s’agit de trouver des informations sur des films ou plus simplement de savoir à quelle heure passe Bienvenue chez les Ch’tis au CVL Palace de Romorantin.

Le site parodique en question http://www.halluciner.fr propose des bandes annonces détournés de très bonne qualité ainsi que des affiches et des synopsis tout aussi ‘‘hallucinants’’. Ce n’est pas toujours de qualité égale mais, dans l’ensemble, il y a un indéniable travail de montage et d’imagination. La parodie étant un art difficile et assez rarement bien réalisé, je tire mon chapeau aux créateurs de ce site pour leur travail et je vous conseille d’aller y jeter un œil de temps en temps.

16:29 Écrit par Coralie dans Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : parodie cinema |  Facebook |

L’ascension des bonzes

decoration
Aujourd’hui, je vais vous parler d’un jeu qui est venu agrandir ma ludothèque personnelle il y a de cela quelques jours : Can’t Stop.

Je l’ai trouvé à pas cher dans une espèce de faillitaire à côté de chez moi (paumé au beau milieu des bois) où il était vendu pour un prix modique alors que vous le trouverez à 20€ dans tous les Eurêka orléanais. N’écoutant donc que mon courage et le cri de mon porte-monnaie, je sautais sur la dite boîte et l’emportais vers un glorieux futur plein de soirée entre amis.


Comme son nom ne l’indique pas ce jeu est un jeu de dés. Le principe est simple : atteindre trois des sommets de la montagne représentée sur le tapis de jeu. Le tapis-montagne est numéroté de 2 à 12, ce qui représente l’ensemble des possibles de l’addition du jet de deux dés (on emprunte une piste au vu du score de deux dés).

A chaque tour, le joueur lance les quatre dés et fait les combinaisons qu’il veut (mais surtout qu’il peut) par paire. Le joueur a à sa disposition trois bonzes qu’il peut mettre sur trois pistes différentes (jamais deux bonzes du même joueur sur la même piste) en fonction du jet de dés. Il relance le dé autant de fois qu’il le veut jusqu’à ce que :
- il décide d’arrêter
- il ne puisse plus faire avancer ces bonzes ou entrer un bonze sur une piste
Si on refait le score de la piste où un de ces bonzes est engagé, le bonze avance sur cette piste (logique). Lorsque le joueur décide de s’arrêter, il met des marques aux endroits où sont ses bonzes, au prochain coup, ces bonzes avanceront sur ces pistes à partir de ces marques. S’il ne peut plus faire avancer son bonze ou faire entrer un nouveau bonze, leur ascension est perdue…
Lorsqu’un sommet est atteint, plus personne ne peut emprunter la piste.

C’est un jeu amusant qui se joue de deux à quatre et ou tous tes adversaires prient pour que ton jet de dés foire (et pour que tu ne joues pas la prudence). Une partie dure une vingtaine de minutes, c’est assez plaisant et plus intéressant que le yam (« tu m’étonnes, Simone ! »).

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce jeu assez sympathique pour les longues soirées d’hiver et d’été.

11:40 Écrit par Coralie dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jeu de societe |  Facebook |

26/03/2008

Journal des réflexions idiotes n°3

Mars : Le prix du baril de pétrole monte toujours plus haut (autour de 100$ le baril)
- Réflexion scientifique : On vous l'avait bien dit que l'essence est volatil !
- Réflexion à ma voiture : « Toi, je vais finir par t'inscrire aux alcooliques anonymes ! »
- Réflexion à mon porte-monnaie : « Toi, tu arrêtes ton régime tout de suite ! »

19/03 : Après la défaite de la droite, un mini remaniement ministériel est effectué.
- Jeu de mot : Après une grande claque, on a droit à un remaniement mini, normal, on est tous des Mickey !

19/03 : Après avoir demandé une assistance qu'elle n'a pas obtenu, Chantal Sébire s'est vraisemblablement donné la mort
- Réflexion philosophique : Est-ce que cette dame va pouvoir déposer un recours en justice auprès de Dieu pour dénoncer la façon dont elle a dû mourir ? Et, dans ce cas, pourrais-je, moi, déposer un recours en justice si je meurs alors que je n'en avais pas envie ? 

24/03 : Un mois après Nicolas, Cécilia Sarkozy s'est remariée à New York
- Réflexion de son ex-mari : « M'en fous, moi, je l'ai fait le prem's ! »

25/03 : Les émeutes continuent au Tibet, la Chine réprime dans le sang
- Réflexion communiste chinoise : C'est l'application normale des principes communistes du partage, on partage tout le monde... en deux. 

26/03 : Réforme des retraites : Xavier Bertrand confirme que les cotisations passent de 40 à 41 ans
- Réflexion populaire : « Vous voyez bien que tout augmente ma pauvre dame ! »

26/03 : Info perso : Je cherche mais je ne vois toujours pas de stage à l'horizon...
- Problème mathématique : Si je travaille plus pour gagner plus à partir de rien, la multiplication par zéro donnant toujours zéro, et au vu de la récente réforme des cotisations passant de 40 à 41 ans, au bout de combien d'année de rien arriverais-je à avoir plus ?

12:40 Écrit par Coralie dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

12/03/2008

Françaises, Français, Belges, Belges, public chéri, mon amour

decorationVoilà un moment que je n’avais pas dressé le portrait de quelqu’un, je vais ici vous parler d’un humoriste grinçant mort il y a vingt ans : Pierre Desproges.

J’en avais déjà brièvement parlé dans un billet précédent sur les humoristes mais je crois que le bonhomme mérite à ce que je lui consacre quelques lignes supplémentaires. Si Coluche a toujours une grande notoriété par delà sa mort, je crois que Desproges ne bénéficie pas de la même bienveillance posthume. Il faut dire que l’humour de Desproges est noir et grinçant, anticonformiste et sans tabous. Je pense qu’il ne peut pas y avoir de demi-mesure quant à Desproges : on aime ou on n’aime pas. Sa célèbre phrase : « On peut rire de tout mais pas avec tout le monde » lui est très facilement applicable. On ne peut pas dire qu’il s’embarrasse de scrupules : la politique, la shoah, le racisme, l’insécurité, la vieillesse, le cancer… Tout est prétexte à un humour caustique. A réécouter les réquisitoires du tribunal des flagrants délires (émission qui passait sur France Inter entre 1980 et 1983 disponible en CD dans votre fnac la plus proche :-P), je me demande si un seul comique peut se permettre d’être aussi grinçant au jour d’aujourd’hui. Peut-être Stéphane Guillon s’approche-t-il un peu de ce que Desproges faisait dans le côté cassant. Mais je ne crois pas qu’un seul comique puisse s’attaquer ainsi à ces sujets. 

Je vous conseille de visionner ou d'écouter les oeuvres de Desproges qui sont toujours d'actualité et traitées d'une façon tout à fait originale.


Je vous laisse en guise d'avant-goût quelques citations de Desproges :

  •  Il n’y a rien que je méprise autant que la droite sinon la gauche.
  • S'il n'y avait pas la science, malheureux cloportes suintants d'ingratitude aveugle et d'ignorance crasse, s'il n'y avait pas la science, combien d'entre vous pourrait profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans ?
  • Si on ne parlait que de ce qu'on a v, est-ce que les curés parleraient de dieu ? Est-ce que le Pape parlerait du stérilet de ma belle-soeur ? Est-ce que Giscard parlerait des pauvres ? Est-ce que les communistes parleraient de liberté ?
  •  Comme disait Himmler en quittant Varsovie pour la Hollande : « On ne peut pas être à la fois au four et au moulin. »
  •  On peut très bien vivre sans la moindre espèce de culture, moi-même, je n’ai pas mon permis de conduire et ça ne m’a jamais empêché de prendre l’autobus.
  •  Comme disait Confusius : « Une civilisation sans la science c’est comme un poisson sans bicyclette ».
  • Il est important de vieillir sans emmerder les jeunes, c’est une simple question de bonne éducation.
  • Hélas, je ne peux que conseiller aux racistes viscéraux de retourner se masturber en lisant Mein Kampf.

15:06 Écrit par Coralie dans Humour | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

01/03/2008

Les cow-boys de Montréal


decoration

Pour changer, je vais parler, une fois de plus de musique et de musique canadienne mais cette fois-ci, je vais parler du côté francophone du pays avec un groupe rock-folk comme je les aime : Les Cow-boys Fringants.

J’ai découvert ce groupe grâce à Lugdivine et je dois dire qu’il vaut le détour. D’une part, la musique de ce groupe attire l’oreille : le son est enlevé, entraînant, il se rapproche et se détache de la country tout en se rapprochant et se détachant du rock ; cette musique, si elle peut ne pas plaire, est très reconnaissable par rapport à ce qui peut passer sur les ondes radios. Outre cette originalité musicale, il y a les textes. Le groupe prend des thèmes assez peu traités (pour une fois qu’on échappe au type : « amur tujurs », on ne va pas sans plaindre) tel que l’écologie, la surconsommation, la pauvreté, la politique québécoise (les politiques semblent être pourris partout…), voire même l’indépendance du Québec. Ca a l’avantage d’être traité de façon intelligente. En plus de cela, je dois dire que je suis assez sensible à l’accent et au phrasé québécois que je n’avais plus entendu dans des chansons depuis Robert Charlebois.

Les Cow-boys fringants on sortis un certain nombre d’album (6 je crois) dont le dernier en date est La Grand-Messe. Je vous recommande en particulier les titres suivants : Plus rien, 8 secondes, la reine, si la vie vous intéresse (ou mieux de charger l’album complet :-P).

Un groupe à découvrir vite, les chums !

12:12 Écrit par Coralie dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/02/2008

Le trader de mon cœur

decorationUne fois n’est pas coutume, on va parler de la star du moment, l’homme qui valait 5 milliards, le robin des bois de la finance qui vole aux actionnaires pour donner à... à personne en fait, le futur prix nobel d'économie, le seul trader adepte de la faillite : Jérôme Kerviel.

Le trader au grand cœur qui a fait sauté la banque tel un Danny Ocean dévalisant son propre casino, vous passionne ? Eh bien, vous n’êtes plus seul. Sur le web, les comités de soutien se multiplient. Cette affaire de la société générale déclenche les passions et même au-delà des frontières ! Je vous propose donc un petit tour de la création artistique autour de la société générale et de son icône interplanétaire "JéKé" comme ils disent sur Facebook. 

 

 

 

Pour commencer, un petit spot publicitaire de la société généreuse :

Et un petit changement du côté du plan marketing de la société générale :

 

ATT203542
 

- Les produits dérivés Jérôme Kerviel :
 

decoration

 

 On peut faire du business avec tout, la preuve sur ce site : http://www.cafepress.com/misskerviel , vous pouvez acheter de magnifiques T-shirt : « I love Jérôme Kerviel », « Jérôme Kerviel’s Girlfriend » (il y a même des strings !) bon, la plaisanterie coûte quand même une vingtaine de dollars…

 

11:24 Écrit par Coralie dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04/02/2008

Quand le Japon colonisait la France

NausicaaIl y a quelques années l’importation de mangas n’était encore qu’à ces balbutiements et dans les rayons de supermarchés on ne trouvait à se mettre sous la dent que les aventures d’une espèce de nabot orange aux cheveux en pics à la recherche de boules de cristal, j’ai nommé Sangoku, le héros de Dragon Ball Z. Les temps ont changés et bien malin celui qui peut prétendre connaître le nom de tous les mangas qui sortent sur le marché : la culture japonaise abonde. Si on a cessé de faire des dessins animés en France (le terme est abusif, c’est sans compter sur Michel Ocelot, le créateur de Kirikou) il semble que la soif de dessin animé et d’histoires mises en dessins soit resté on ne peut plus présente.

 

Cela a permis entre autre d’avoir la chance de redécouvrir les films d’Hayao Miyasaki. On ne présente plus ce réalisateur tant il est connu. A tel point qu’il ferait presque de l’ombre aux autres réalisateurs de long métrages animés tels que Isao Takahata le réalisateur du magnifique mais tristissime Tombeau des Lucioles ou le beaucoup moins réussi royaume des chats d’Hiroyuki Morita. Alors, ne nous embrouillons pas : Hayao Miyasaki est le réalisateur de :

-          Nausicaä de la vallée du vent (cf image :-P)

-          Le château dans le ciel

-          Mon voisin Totoro

-          Kiki la petite sorcière

-          Porco Rosso

-          Princesse Mononoké

-          Le voyage de Chihiro

-          Le château ambulant

 

Parmi tous ces titres sortis en France (il y en a quelques autres qui n’ont pas encore été importés), j’ai tout vu sauf cette malheureuse Kiki. Je dois dire que dans la globalité tous ces dessins animés sont d’excellentes qualités. Première constatation : ça ne chante pas ! On a bien de la musique ou parfois un petit chant mais nous ne sommes pas dans le dessin animé musical si cher à ce vieux Walt Disney depuis Blanche-Neige. Second constat : les scénarii sont originaux. Choc culturel oblige, les histoires ne ressemblent pas à nos contes occidentaux. Des thèmes sont récurrents : l’écologie, les machines volantes, une recherche de pacification et un certain soucis de fantastique.

 

Mes préférés sont : Nausicaä, Chihiro et le château ambulant. Je ne saurais trop vous conseiller de les regarder et de vous plonger ou de vous replonger dans ces dessins animés qui offrent un certain dépaysement de part le thème et le graphisme. Peut-être y a-t-il une exception culturelle japonaise ?

15:15 Écrit par Coralie dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

11/01/2008

Vive les morts

decoration

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une série peu connue et pour cause, elle n’est jamais passée que sur la chaîne câblée Jimmy. La série en question s’appelle Dead Like Me.

Comme son nom l’indique, c’est une série où l’héroïne principale, George, une ado de 18 ans, est morte (très bêtement d’ailleurs, en recevant la lunette des toilettes de la station mir sur la figure). La fille en question est la reine du je-m’en-foutisme, elle ne sourit jamais et n’a eu dans sa vie à peu près de considération pour rien ni personne. Après sa mort violente, à défaut de Paradis ou d’Enfer, un boulot lui est réservé : faucheuse d’âme. Elle est donc intégrée au sein d’un groupe de faucheurs (qui, du reste, sont complètement secoués) ; sa mission : récupérer l’âme de ceux qui viennent d’y passer et les emmener là où ils doivent aller.

La série est assez drôle. On voit George passer du stade de l’adolescence à l’âge adulte dans sa vie post-mortem et avoir des réflexions existentielles sur le sens de la vie et de la mort. Il y a un certains nombres de tabous qui sont bien écorchés : entre autre le fait de voler les morts. Les faucheurs ayant droit à une enveloppe charnelle, ils doivent manger et se loger mais n’ont pas de salaires donc, ils se servent du liquide des gens qui viennent de mourir et squattent chez eux. C’est une série qui ne ressemble à aucune autre et que je vous conseille de regarder (elle devrait passer en 2008 sur France 4). Sinon, il y a toujours possibilité d’acheter les dvd des deux seules et uniques saisons de la série.

Pour le plaisir une petite animation de George chassant le sépulcreux dans l'appartement qu'elle squatte :

decoration

17:55 Écrit par Coralie dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

30/12/2007

Rock dans ma cabane

Theoryofadeadman

Je vais aujourd'hui vous parler musique avec un groupe de rock pas très connu mais qui de mon point de vue mérite le détour : Theory of a deadman.

Ce groupe a, à l'heure actuelle, sorti deux albums. Le premier, un album éponyme en 2002. Le second, Gasoline, en 2005. Leur troisième album devrait sortir très prochainement (probablement dans le premier trimestre 2008).

La voix du chanteur, assez grave, me plait beaucoup (et change pas mal de ce qu'on peut entendre à l'heure actuelle). La musique est rythmée et entraînante. C'est du très bon rock comme j'ai rarement l'habitude d'en entendre avec de la bonne musique de guitare et de batterie qui ne noie pas la voix du chanteur. Et, les morceaux plus calmes sont assez réussi (même si, moi, vous me connaissez, je préfère quand ça casse la baraque :-P)

Bref, je vous invite à aller sur le site du groupe qui propose d'écouter quelques un de leurs titres (la petite fenêtre en haut à droite avec marqué « Track ») :
http://www.theoryofadeadman.com/

Et comme dirait Aurélien, ils ont fait la musique d'un jeu vidéo auquel il a joué !

12:27 Écrit par Coralie dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rock |  Facebook |

29/12/2007

Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?

objetstrouvesAprès vous avoir présenté (dans des articles déjà lointain) le loup-garou et le jungle speed, je m’attaque cette fois-ci à un autre jeu : Objets Trouvés.

Ce jeu a été fait par un des co-créateurs du loup-garou : Philippe des Pallières. Le principe du jeu est très simple : tour à tour chaque joueur doit faire découvrir une expression, un mot (choisi au hasard parmi six propositions) à l’aide d’objets hétéroclytes présents dans la boite : des jambes de poupées, un pion, une plume, un jeton, une pince à linge, un élastique, un ballon de baudruche, une planchette de bois, une coccinelle, un cosmonaute, une brosse à dents, une pierre et un anneau. Il est interdit de parler. On a le droit de superposer les objets, mais ils doivent en tous les cas tenir seuls. Ceux qui ne font pas découvrir le mot doivent deviner laquelle des six propositions l’ « émetteur » tente de représenter. Chacun donne son avis secrètement. S’il a trouvé la bonne proposition, il avance, sinon, il recule. L’ « émetteur » avance d’autant de cases que le nombre de personnes ayant trouvé la bonne réponse.

C’est un jeu amusant qui demande de réfléchir de façon originale. Au départ, on se dit que c’est impossible, que jamais on ne pourra faire deviner ça et, finalement, ça fonctionne !

Bon, il y a des surprises parfois. On se rend compte qu’on ne raisonne pas de la même façon que ses amis, qu’on est trop tordu ou pas assez…

Bref, moi, j’ai été emballé par ces objets trouvés que je vous conseille vivement.

17:09 Écrit par Coralie dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jeu de societe |  Facebook |

16/12/2007

Uluru

Urulu

Uluru, enfin ! Au milieu de cette plaine aride où seuls survivaient quelques arbustes desséchés, quelques buissons de plantes grasses d’un vert presque blanc, au milieu de cet outback interminable, le roc rougeoyant se dressait, tel un phare pourpre guidant les esprits égarés. Il s’élevait comme un rayon de soleil échoué au milieu de ce semi-désert, un bloc de pierre abrupt émergeant du sol, un iceberg rougeâtre au milieu d’un océan de sable. Je tendis la main pour le toucher. Cette pierre était étonnamment froide malgré le soleil brûlant.

 

Nhuru, à mes côtés, avait le visage fermé. Depuis six jours que nous marchions dans l’outback, il ne m’avait plus adressé la parole. J’avais respecté son silence. Je ne pouvais pas exiger quoique ce soit de lui alors que je m’apprêtais à profaner ce lieu. Il avait accepté de me guider jusqu’ici en connaissance de cause. Peut-être avait-il espéré me faire changer d’avis ? Peut-être pensait-il que j’abandonnerai le projet d’escalader ce roc rouge lorsque je l’aurais atteint ? Un instant cette idée m’effleura. J’aurais pu faire machine arrière. J’aurais pu faire le tour d’Uluru et demander à Nhuru de me conter les légendes qui agrémentaient chaque pierre de cet édifice naturel. Le jeune homme m’aurait parlé des héros légendaires de son peuple. Nous nous serions replongés dans la mythologie de laTjukurpa, la mythologie aborigène de la création du monde. Je l’aurais écouté avec avidité me parler de ces deux enfants mythiques qui, en jouant avec de la boue, avaient créés ce rocher rouge de plus de deux kilomètres de long. J’aurais pu écouter les croyances de son peuple encore une fois mais, je n’avais pas parcouru tout ce chemin à travers l’outback australien pour cela. Au sommet d’Uluru, Yurlungur, le serpent arc-en-ciel, dormait dans un trou d’eau : la légende voulait que quiconque défierait Yurlungur aurait pour châtiment de se transformer en un amas rocailleux parsemés de taches de couleur sable brillant au soleil. Ce secret aucune personne extérieure au peuple Anangu n’aurait dû en avoir connaissance cependant, Nhuru me l’avait révélé. En haut de cette montagne, selon la légende, des dizaines d’hommes avaient été transformés par le serpent arc-en-ciel en amas de pierres brutes remplis d’or. De l’or qui ne demandait qu’à être exploité…

 

Nhuru s’assit près d’une marque d’érosion qui avait rongé Uluru, une marque sacrée. Pour les aborigènes, chaque trace dans une pierre, chaque trou d’eau était le témoignage d’un épisode de la Tjukurpa. Je lui demandai en langue Anangu : « Que s’est-il passé ici ? »

Nhuru braqua ses yeux caramel sur moi, ses yeux qui semblaient avoir absorbés la couleur du sable et de la terre de ce pays. Ils étaient glacés. A cet instant, je regrettai d’avoir rompu le silence qui s’était imposé depuis le début de notre voyage. Son regard m’accusait de m’être jouer de lui, d’avoir abuser de sa confiance. Son regard m’accusait de n’avoir chercher que mon propre intérêt. Son regard portait tous ces reproches que je ne pouvais ni nier ni réparer. Ma recherche d’El Dorado avait tout supplanté, du moins, en partie.

 

Pourtant, lorsque, quelques mois auparavant, j’étais arrivée dans cette tribu Anangu, je ne cherchais rien de particulier. L’Australie m’apparaissait alors comme un continent de douleur avec son sable presque rouge, avec son soleil si intense qui calcinait ma peau trop blanche, qui dénaturait la couleur de mes cheveux trop clairs. Je voulais connaître ceux qui y vivaient vraiment, savoir comment ils vivaient, comment ils pouvaient résister à l’hostilité de ces paysages de désert, de ce climat étouffant. Toutes ces réponses, je les avais obtenues. Je n’avais pas eu à faire quelque effort que ce soit, dès que j’étais apparue, Nhuru m’avait pris en affection. Je l’avoue, cette affection était tout à fait réciproque. Nhuru avait tout pour me plaire : c’était un jeune homme curieux de nature, avide de connaissance, d’une intelligence redoutable et ses yeux... j’aurais pu me noyer pour toujours au fond de ses yeux de caramel. En trois mois, Nhuru avait réussi à apprendre parfaitement ma langue alors que, de mon côté, je me battais encore pour démêler les tenants et aboutissants de la langue Anangu. Les langues aborigènes n’ont rien de communs avec les langues occidentales, c’est aussi là ce qui fait leur richesse. Le sujet n’a pas de place prédéfinie dans la phrase, pas plus que le verbe ou le complément ce qui peut donner des structures de phrases totalement invraisemblable pour un européen. Cependant, cette langue s’apprend, toute langue humaine peut être apprise et, je dois avouer que dans cette entreprise Nhuru me fut d’un grand secours. Il m’apprit à parler le dialecte aborigène de sa tribu et il m’initia à sa culture. Il me conta les légendes de son peuple, les faits héroïques qui s’étaient déroulés lors de la Tjukurpa. Il m’apprit la légende de cet oiseau d’Australie, le kookaburra, proche du martin-pêcheur, qui créa le soleil. Il m’expliqua les danses ancestrales que sa tribu effectuait afin de maintenir en vie les espèces qui vivaient sur cette planète. Il me montra les peintures aborigènes représentant des épisodes héroïques de la Tjukurpa. Mais, le plus important, c’est qu’il me révéla aussi des secrets que seuls les Anangus étaient censé savoir.

 

C’était ainsi que j’avais émis le souhait d’aller jusqu’à leur Terre sacré, d’aller jusqu’à Uluru. A présent, il se tenait là, droit devant moi et j’allais le défier. J’allais braver l’interdit, gravir cette roche rouge. J’allais atteindre le sommet de cette montagne et trouver les hommes de pierres. J’allais voir de mes yeux cette fortune qui se profilait tout en haut de ce bloc rocailleux, quitte à me battre contre ce serpent arc-en-ciel, si jamais il existait. Ce que j’avais envisagé de faire, aucun Anangu ne se serait même permis d’y penser. Grimper sur ce rocher, qui était le symbole même des croyances aborigènes, c’était le pire des sacrilèges. Plusieurs s’étaient mutilés, scarifiés pour avoir enfreint cette règle d’or. Je ne pouvais pas en vouloir en Nhuru de me haïr à cause de cela.

 

Nhuru toujours assis, avait fermé les yeux, s’évadant ainsi de l’instant présent. Je le regardai avec regret. C’était sans doute la dernière fois qu’il se présentait à mes yeux. J’en eus un intense pincement au cœur. Je m’agenouillai à ses côtés. J’aurais voulu déposer un baiser sur ses lèvres. J’aurais voulu lui dire qu’il resterait gravé dans mon cœur à jamais. J’aurais voulu avoir la force de lui témoigner la sincérité de l’amour que je pouvais lui porter. J’aurais voulu ne plus être à ses yeux cette femme manipulatrice qui l’avait abusé pour lui soutirer des informations. J’aurais tant voulu… Cependant, cette montagne m’appelait, aussi invraisemblable que cela pouvait paraître, je ne pouvais pas abandonner ce but. Je ne pouvais pas renoncer à ce trésor. Il y avait comme une force invisible qui hantait ce lieu, une force qui n’avait fait que conforter ma détermination. Je n’avais plus le choix. Je devais accomplir mon destin car, à cet instant, il m’apparaissait que le seul but de mon existence avait été de partir à l’assaut de cette montagne rouge interdite. Je saisis la main de Nhuru et prononçai : « Merci pour tout. » Je lâchai à regret cette main à la fois sèche et douce et me relevai. Je jetai un dernier regard à Nhuru, sentant d’irrépressibles larmes monter. Nos chemins se séparaient ici, à jamais.

 

Je fixai le mont pourpre. Il n’y avait plus que lui et moi à présent : neuf cents mètres à gravir et j’aurais atteint le sommet, neuf cent mètres et je serai maître d’Uluru.

 

***

 

Nhuru entendit les pas de la jeune femme s’éloigner. Il avait prié les esprits pour qu’elle renonce à gravir Uluru mais les esprits n’avaient rien faits. Un instant, il eut la folie de la suivre. Il aurait pu se relever, la rattraper, l’accompagner dans sa marche de défiance aux êtres éternels de la Tjukurpa. Il aurait pu la guider, quitte à perdre son âme éternelle, quitte à jeter une malédiction sur tout son clan. Mais la raison avait prit le pas sur cette déraison. Monter sur Uluru, ce n’était pas seulement offenser les esprits, c’était également pour Nhuru renier son totem. Le jeune Anangu était gardien de ce lieu sacré, Uluru faisait partie intégrante de son être. Lorsqu’il mourrait, son âme mortelle retournerait au néant et son âme immortelle reviendrait ici, au cœur de cette pierre pourpre. Nhuru devait protéger et perpétrer les coutumes mystiques de ce lieu, telle était sa mission. Il ne pouvait pas aller à l’encontre de la destinée de son âme immortelle même s’il avait l’impression qu’à l’instant où elle avait disparu un pan de cet imposant rocher qu’il incarnait venait de s’effondrer. Combien il avait pu s’attacher à cette femme, à cette opale laiteuse, à cette pierre insaisissable provenant des ténèbres du sous-sol dont aucun aborigène ne s’approche jamais.

 

La fatigue et la lassitude finirent par gagner Nhuru. Il se recroquevilla sur le sol poussiéreux, protégé par sa montagne rouge, cherchant à ne faire qu’un avec elle. Son esprit s’embruma peu à peu vers le sommeil, vers cet état de rêve si important pour les aborigènes. Le rêve était un des moteurs essentiels de leur religion, c’était par le rêve qu’ils pouvaient entrer en communication avec les êtres éternels de la Tjukurpa. C’était par le rêve que les aborigènes pouvaient accéder aux faits héroïques qu’avaient pu accomplir les héros de l’ancien monde. Ainsi, Nhuru rêva. Il rêva du combat de celle qu’il avait baptisé Mhatura, cette jeune femme à la peau si claire qu’il avait toujours considéré que son totem ne pouvait être qu’une opale, cette jeune femme qui l’obsédait. Il la vit atteindre le sommet d’Uluru, une pointe de témérité glacée au fond de ses yeux d’un bleu céleste. Mathura était là, déterminée à défier Yurlungur, le serpent arc-en-ciel. La lutte dura des jours et des jours. Mathura esquivait les attaques furtives de Yurlungur. Elle courait, sautait, rampait au sommet d’Uluru comme effectuant une danse saccadée et maléfique afin d’entraîner la destruction du serpent arc-en-ciel. Après six jours et six nuits, les forces de Yurlungur commencèrent à s’épuiser. La jeune femme d’opale profita de cette faiblesse. Elle mordit le serpent arc-en-ciel, laissant la trace de sa mâchoire à jamais gravée sur le corps de l’être immortel. Malgré la douleur qui le harassait, Yurlungur trouva la force de sauter à la gorge de la jeune femme et de lui injecter son venin maléfique qui changeait tout humain en amas pierreux. Mhatura hurla de douleur et de rage. Son cri se répandit comme une vague à travers les kilomètres de l’outback. Ce cri de désespoir emplit l’air de toute sa force, de toute son âme. Ce cri dont la puissance ne pouvait s’amoindrir. Un cri capable de pousser les nuages, de faire chavirer les feuilles des arbres : le cri du vent et de la tempête.

 

Nhuru se réveilla. Un vent chaud s’était levé, un vent qui lui caressait le visage. Il sourit. Ce secret là, il le transmettrait à son peuple : il raconterait cette histoire. L’histoire de cette femme qui avait défié Yurlungur et dont le denier cri s’était cristallisé en vent. L’histoire de cette femme opale qui avait fini figé dans la pierre.

 

Nhuru se releva et fixa Uluru. Il allait refaire le voyage en sens inverse jusqu’à son village, seul cette fois-ci mais, il se sentait le cœur plus léger. Finalement, il la reverrait. A sa mort, il rejoindrait l’âme de ce bloc pourpre éternel et il la retrouverait puisqu’à présent elle était devenu ce qu’elle avait certainement toujours été : une opale blanche, magnifique, emprisonnée dans l’amas de rocs poussiéreux d’Uluru.

14:51 Écrit par Coralie dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

22/11/2007

Etes-vous cortical droit ?

Voilà une question que vous n’avez certainement jamais dû vous poser et pourtant, c’est une question que certains recruteurs pourraient se poser à votre sujet. Mais d’abord : c’est quoi un cortical droit ?

Le cortical droit (tout comme le gauche d’ailleurs) est une partie du cerveau. Suivant qui nous sommes nous avons une partie du cerveau qui sera plus développée qu’une autre et c’est en partie ce qui définit notre caractère. Le test que je vous propose de faire est un questionnaire de quarante questions qui va déterminer qui vous êtes (vaste programme).

Avant ça, je vous explique un petit peu le petit schéma ci-dessous qui est censé représenter les différentes parties du cerveau :


cerveau


Alors, le fait est que selon vos deux principales dominantes, on va vous classer dans différentes cases. Si vous êtes majoritairement :
- Cortical Gauche et Limbique Gauche : vous êtes Gestionnaire
- Limbique Gauche et Limbique Droit : vous êtes Concret
- Limbique Droit et Cortical Droit : vous êtes Stratège
- Cortical Droit et Limbique Gauche : vous êtes Théoricien
- Cortical Gauche et Limbique Droit : vous êtes Commercial
- Limbique Gauche et Cortical Droit : vous êtes Politique

Voilà donc le lien pour faire le test :
http://membres.lycos.fr/selliv/questionnaire2.php

Perso, je suis majoritairement Cortical Gauche et Limbique Droit, Rationnel et Ressenti donc... Commercial

Et vous, vous êtes quoi ?

16:59 Écrit par Coralie dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

21/11/2007

Sous-Jacent (poème)

Tout bazarder, tout balancer par la fenêtre. C’est l’envie qui me taraude plus ou moins fortement depuis quelques jours. Tout revient sur le tapis en ce moment et je suis d’humeur très inégale. Alors, je me vois revenir à la première fonction qu’a pour moi l’écriture : déverser mon mal-être et ce avec la forme d’écriture qui est la plus appropriée le poème.

Je m'excuse donc par avance auprès des gens à qui ne conviendrait pas ce billet d'humeur. 

 

 

 

Sous Jacent

 

Cette image est morte mais elle est toujours présente

Comme une plaie sirupeuse qui ne se referme pas

Elle me crispe, me peine et surtout elle me hante

Me remplit de colère, de regrets, de larmes parfois...

 

Comme j’aimerais crier ma haine lorsqu’elle se manifeste 

Comme j’aimerais évincer la tendresse quand je la revois

Cette image morte, sous-jacente, que je déteste

Cette image passée que je garde précieusement malgré moi.

 

Tantôt je la chasse et tantôt je la recherche

Cette image est mon bonheur, mon fardeau et ma croix

Transperçant mon âme d’une inenlevable flèche.

Cette image que je déteste et que j’aime à la fois :

L’irrationnel paradoxal d’une idylle insignifiante,

Comme j’aimerais qu’elle soit négligeable à mes yeux

Que cesse l’affligeante torture d’avoir été amoureux

Que cesse l’anéantissement de ma sensibilité confiante.

 

Car cette image remet en cause principes et idéaux

Je ne vois plus qu’un piège dans les sursauts de mon cœur.

Un amour-propre bafoué est le pire des fléaux :

Il érige des palissades contre le pire comme le meilleur.

Je reste enfermée, impuissante, dans ma citadelle de tourments

N’ayant pour seul vœu que de faire retourner le temps

Pour que cette image morte n’ait jamais existée

Pour qu’elle ne soit plus un souvenir à ressasser.

Qu’enfin ce goût d’amertume disparaisse de mes lèvres

Que cette odeur de soufre s’évanouisse de mes draps

Que le voile déchiré se reforme par mes prières

Que de ma peau s’évanouisse la douceur de tes bras.

 

Que s’éteigne à jamais le feu glacé de ma rancune

De cet acte que je ne saurais jamais pardonner

Que s’enfuient à jamais les instants de plénitude.

Qu’a défaut de tout oublier, j’oublie que je t’ai aimé.

21:49 Écrit par Coralie dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/11/2007

Atelier Cuisine

Bon, alors, aujourd’hui je vais vous parler de la passion du rat Rémy de Ratatouille : la cuisine.

J’aime bien cuisiner. Il faut dire que j’aime bien manger (comme le montre ma silhouette svelte et sans surpoids aucun :-P). J’ai donc pensé à vous faire partager quelques unes de mes spécialités culinaires pas plus tard que tout de suite.

On va d’abord commencer par le célèbre « Apple Crumble », comme son nom l’indique, il s’agit d’un plat typiquement anglais, c’est d’ailleurs le seul plat anglais qui vaille le coup d’être cuisiné.

 xxxx
Pour faire simple, le « Apple Crumble » c’est un peu une tarte Tatin dont on aurait raté la pâte sablée. La recette est des plus simples : du beurre, de la farine et du sucre pour la pâte à crumble et des pommes.

Il suffit ensuite de tapisser le fond d’un moule à cake de pommes coupées grossièrement. Pour la pâte mélanger dans les proportions d’une pâte sablée mais en mettant trop de farine. On obtient alors une pâte granuleuse qu’on verse sur la préparation. On laisse cuire le tout 20 minutes à four bien chaud et c’est cuit !


Pour finir sur les gâteaux, je vais vous donner une autre recette, française, celle-ci : le creusois. Comme son nom ne l’indique pas il s’agit d’un gâteau aux noisettes.


creusoisLe creusois est un gâteau très compact qui est la plupart du temps assorti d’une crème quelconque afin qu’il coule plus facilement (mais il y a des adeptes qui n’ont pas besoin de crème pour tout dévorer ^^).
Il faut : 150g de noisettes moulues (avec des noix, c’est pas mal non plus mais la vraie recette, c’est des noisettes), 180g de sucre, 100g de beurre fondu, 150g de farine, 4 œufs

Quand on mélange le tout, on obtient une pate relativement liquide que l’on met dans un moule à cake 40 minutes à four moyen et c’est dans la poche !

 

 

Bon appetit à tous :-P

23:13 Écrit par Coralie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : gateau, cuisine |  Facebook |

15/11/2007

Baby-Squatteur (chapitre 6)

Une demi-heure, il m’avait dit qu’il arrivait dans une demi-heure. Je sentais le stress me gagner comme avant de me prendre une soufflée par ma chef aux Coquelicots, mademoiselle Velde. Mademoiselle Velde faisait partie de cette catégorie d’aide-soignante qui se prenne pour des docteurs émérites et, de fait, commande à leurs collègues comme un général commanderait à un bataillon d’infanterie. Elle me dictait le moindre de mes mouvements et critiquait toutes les initiatives que je pouvais prendre. Comme dirait madame Gatier : « J’en ai connu des saletés de caporaux boches pendant la guerre mais c’était des agneaux face à la Velde. ». A la maison de retraite, son surnom était « Barbie ». Mademoiselle Velde, étant très idiote, trouvait cela assez flatteur (il faut dire qu’elle était blonde). Elle l’aurait été bien moins si elle avait su que ce surnom lui était attribué en référence à Klaus Barbie et non pas à la poupée du même nom.

Je jetai un œil à l’état de ma maison de schtroumpfs, à mon capharnaüm de célibataire fainéant. Aussi étrange que cela puisse paraître, je me sentais bien dans cet univers mal rangé, désordonné où on pouvait trouver le Manager Minute sous une pile d’assiettes. Cependant, peu de gens apprécient ce genre de dépravement. Mon blondinet foncé, constatant mon état d’impuissance muette face à l’intérieur de mon appartement, se proposa : « Vous voulez que je vous aide à quelque chose ?
-         
Benjamin-Pierre va arriver d’ici une demi-heure, je ne pense pas que… » Je fus interrompu. Quelqu’un frappait à la porte. Mon premier réflexe fut de regarder ma montre : dix minutes. Il s’était passé exactement dix minutes entre le temps où mon ex m’avait appelé pour sauter sous un train et le moment où il se retrouvait devant ma porte. Humainement, il était absolument impossible de joindre la gare à ma baraque en dix minutes, il y avait plus de vingt bornes entre les deux endroits ! Alors à moins de s’appeler Harry Potter et de pratiquer le transplanage, je ne voyais pas comment gugusse 1er pouvait être devant ma porte : « Il t’a pris pour une conne ! » Pour une fois, j’étais parfaitement d’accord avec ce que venait de me dire ma conscience. Cependant, j’avais beau être naïve, j’étais loin de me laisser faire. Il ne s’en sortirait pas comme ça le bougre.

Je pris mon squatteur à parti : « Oui, si ça ne vous dérange pas, j’aurais besoin que vous me rendiez un service.
-          D’accord… » On frappait à nouveau : « Vous n’allez pas ouvrir ? Demanda-t-il naïvement.
-          Non, Frédéric, c’est vous qui allez ouvrir et dire que vous habitez ici, que vous êtes le nouveau locataire de cet appartement.
-          Ce n’est pas le cas.
-          Ecoutez, c’est un service que je vous demande, si mon ex vous trouve ici, seul, je pense qu’il me lâchera les baskets. » Le gonze eut une légère moue assez proche de celle d’un enfant à qui on vient de demander de mentir et qui sait qu’il ne sera pas convainquant. En vérité, je sentais venir la catastrophe à plein nez. Si Benjamin-Pierre se trouvait derrière cette porte et qu’il demandait où j’étais, mon squatteur serait incapable de donner une réponse convaincante. J’espérais cependant que le simple fait de ne pas me voir ouvrir la porte le décontenancerait.

Je connaissais bien mon ex, à coup sûr, dans l’état de frénésie lyrique où il se tenait, il m’avait préparé un discours d’entrée du genre : « J’ai attendu que tu ouvres cette porte tel Moïse attendant que s’ouvre la mer rouge. » Oui, j’avais oublié de vous dire : mon ex, étant un Don Juam, se sentait obligé de temps en temps de faire de la poésie qui se révélait toujours des plus affligeantes. Il se prenait pour Lamartine mais ne faisait que de se noyer dans le Lac. Je ne sais pas si vous pouvez imaginer ce que donne un macho qui cherche à la jouer fleur bleue, mais c’était ce que mon ex essayait de faire. Ca pouvait donner un résultat assez comique. Je le vois encore me déclamer alors que je faisais la vaisselle : «  J’aime te voir plonger les couverts dans l’eau purificatrice, tandis que je me prélasse dans des draps propres et lisses. » Ici, la pauvreté du vers n’avait d’égal que la stupidité du discours. 

Quoi qu’il en soit mon squatteur finit par s’exécuter et alla ouvrir la porte tandis que je me planquais contre un mur. Mon squatteur eut l’air assez surpris de mon attitude, ce qui était, je crois, la première réaction normale à laquelle j’assistais. J’entendis le grincement de la porte : « Bonjour.
-          Bonjour. Vous êtes le nouveau petit ami de Chloé ? » Cette voix, ce n’était pas celle de mon ex. Je sortis de ma cachette, derrière le mur, pour voir de qui il s’agissait. J’eus un sursaut de stupeur : ma voisine, ma voisine du dessus aux gosses qui braillent, celle qui me materne chaque fois qu’elle me croise. Mais qu’est-ce qu’elle voulait ? A coup sûr, c’était pour me refiler ses petits monstres. Ca arrivait à peu près une fois tous les deux mois qu’elle me demande de les garder un mercredi entier. Ma voisine me fit un grand sourire en me voyant : «  Chloé, je suis très heureuse de voir que vous avez trouver un beau garçon. Vous savez, je m’inquiétais de vous savoir toute seule ; une jolie fille comme vous. » Non mais ça allait bien cinq minutes le dénigrement du célibat ! Et puis, qu’est-ce qu’ils avaient tous à me dire que j’étais jolie ? J’essayais de rattraper le coup : « Ce n’est pas ce que vous pensez, Catherine.
-          Vous n’avez pas à vous justifier auprès de moi vous savez. Je venais vous demander si ça vous dérangerait de garder Lise et Théo mercredi.
-          Je suis désolée, je travaille toute la journée mercredi.
-          C’est vraiment dommage…
-          Si vous voulez, moi, je peux le faire, proposa mon squatteur. » Je le regardais avec des yeux ronds. Lui garder des gosses ? C’était ridicule ! Ce grand dadais n’était même pas capable de se garder tout seul : « Ca m’arrangerait vraiment beaucoup, continua ma voisine. Vous êtes sûr que ça ne vous dérange pas ?
-          Pas du tout.
-          Vous êtes un ange, lui déclara-t-elle tout en me faisant un discret clin d’œil. Eh bien, dans ce cas, je compte sur vous mercredi dès 8h, votre petite Chloé vous expliquera comment ça se passe. » Puis, elle partit. Elle nous laissa planter là, tous les deux sans que j’eus le temps de démentir la déclaration ignominieuse qui faisait du blondinet foncé mon nouveau petit ami.

Le gonze ferma la porte et dès que celle-ci fut fermée, j’entrai inutilement en colère : « Mais pourquoi vous avez accepter ?! » Au moment même où je m’entendis dire ces mots ma conscience revint à la charge : « Laisse-le, il a cru bien faire. » Ca c’est sûr c’est bien fait ! Enfin, à présent que j’étais embarqué dans cette galère, il fallait que je fasse avec. Et puis, c’était moi qui avait eue l’idée stupide de lui faire ouvrir la porte. Le gonze se confondu à nouveau en excuse : « Je pensais que ça pouvait vous rendre service. » Sur ce point là, il n’avait pas complètement tort. Les petits monstres à garder me faisait toujours un tantinet d’argent de poche et je n’aurais pas voulu que ma voisine ait l’idée de faire garder ses gosses par quelqu’un d’autre. Cependant, j’avais vraiment beaucoup de mal à envisager le gonze entrain de s’occuper de Lise et Théo. Pour moi, il était évident qu’il allait se faire manger tout cru. Il était trop naïf, trop… trop quoi exactement ? « Trop con, me dicta une voix dans ma tête qui se fit tout de suite réprimander par Gimini Cricket. »

Je m’assis sur le clic-clac et lui demandai : « Vous avez déjà gardé des enfants ? »Hochement de tête négatif. Je continuai donc : « Vous savez ce n’est pas une partie de plaisir. Théo a trois ans et Lise cinq. Ils passent leur temps à se chamailler et à se crier dessus. C’est très dur de les canaliser.
-          J’ai des frères et sœurs, vous savez. » La remarque me surprit. Je n’avais pas envisagé ce gonze en dehors de sa situation de paumé professionnel, en dehors de sa voix assez éthérée, de sa démarche molle et de son look ‘peace & love’. C’était bizarre mais, j’avais du mal à l’imaginer s’énervant contre qui que ce soit. A six ans, il devait être comme il était à l’heure actuelle : zen et craintif. Je l’imaginais se cachant dans un trou de souris dès que son père ou sa mère haussait la voix, écrasé par l’autorité de ses parents, écrasé par l’autorité de ses frères et sœurs. Je l’imaginais se planquant seul dans un placard avec des crayons et du papier et barbouiller ses premières œuvres d’arts qui ne ressemblent à rien. Il allait se faire bouffer tout cru, il n’y avait pas de doute : un briefing total était nécessaire.

Je fis un tour vers mon coin bibliothèque, une espèce d’étagère où reposait un monticule de livre en tout genre. On y trouvait aussi bien Le Capital de Marx (cadeau comique de Dju qui me considérait comme une ultra gauchiste du fait que je ne soutienne pas Sarko) que le livre de la cuisine étudiante ou un policier américain quelconque. Dans ce fatras, je retrouvais la bible de tout baby-sitter en herbe : un manuel d’activité de bricolage pour les 4-10 ans. Je le tendis à mon squatteur : « Là dedans, il y a toutes les activités intérieurs susceptibles de les calmer un peu. »

J’avais dû dire ça d’une voix assez solennelle car il ne semblait pas très rassuré. Mais, le fait était que je n’avais pas spécialement envie de le rassurer. Il ne savait pas à quoi il allait se confronter en montant mercredi à l’étage supérieur.

17:42 Écrit par Coralie dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |