12/03/2006

La révolution étudiante est de retour !

Je suis motivée, il y a des années, des siècles que je n'ai pas été aussi motivée, aussi déterminée, aussi impliquée dans un cause qui me prend mon temps et mon énergie toute entière. J'y crois ! Je crois que cette mobilisation sert et je crois que la bataille n'est pas perdue bien au contraire. Je vais donc vous livrer un résumé de la mobilisation à Orléans cette semaine (où je n'ai pas beaucoup dormi).

 

Je sais que peu de gens seront assez motivés pour lire tout ça mais, j'ai besoin de m'exprimer

 

Orléans, mardi 7 mars 2006, 7h du matin, un peu moins d’une semaine après l’échec du blocage de jeudi dernier, nous nous réunissons en un petit groupe d’une trentaine d’étudiants pour continuer la mobilisation anti-CPE. J’ai décidé de sécher mes 4h de cours du mardi matin pour l’occasion, il y a des causes qui méritent que les formalismes syntaxiques passent à la trappe. Nous partons en tractage sur l’ensemble du campus (fac de sciences et staps pour l’essentiel), nous intervenons dans les cours pour mobiliser le maximum de gens en vue de la manifestation qui a lieue à 10h30, histoire de ne pas renouveler le même fiasco que sur la manif’ de février qui avait réunie 1500 personnes à tout casser.

10h30, manifestation sur le parvis de la cathédrale, j’ai réussi à dépêcher un gars que je connais dont l’opinion est assez mitigée sur le CPE mais qui veut bien battre le pavé si c’est avec moi. Une foule de 6000 personnes selon la police 12000 selon les syndicats sont dans le cortège où beaucoup de lycéen sont présents (il faut dire qu’il y a une barricade de deux mètres de haut devant le lycée Charles Péguy). Je rencontre des filles de ma classe dans la manif’ et apprend que mon prof, en soutien à notre mobilisation anti CPE, à abréger son cours. 15h, AG en fac de lettres, j’y vais avec trois autres étudiants qui comme moi, ne sont pas syndiqués mais motivés. Beaucoup d’étudiants sont présents (il y a aussi pas mal de profs, le doyen de la fac de lettres, quelques lycéens et quelques représentants des salariés), on est à peu près 250 dans l’amphi ce qui est bien par rapport à d’habitude. On vote à une large majorité pour une grève bloquante à partir du lendemain jusqu’à jeudi matin (sauf que cette fois, on la fait avec l’accord du doyen de la fac de lettres). On vote aussi l’occupation des lieux dans la nuit de mercredi à jeudi avec comme règles : pas d’alcool, pas de shit, pas de débordements. Le doyen, qui est présent, précise que tout le temps de la mobilisation sera considéré comme zone neutre : sans contrôle continu et avec l’autorisation de défaillance des TDs ; les sceptiques sont rassurés : les partiels se feront en fonction de ce qui a été fait en cours, il n’est pas question de pénaliser ceux qui font grèves.

Mercredi 8 mars, 7h, blocus de la fac. La mesure est accueillie beaucoup mieux que la semaine précédente (il faut dire aussi qu’on est plus nombreux et plus organisés derrière les barricades). Dans la matinée, nous dépêchons un groupe de profs et organisons un débat profs-étudiants sur le CPE. Le débat se passe très bien et les profs font comprendre que, dans la grande majorité, ils soutiennent le mouvement. Nous, de notre côté, nous restons compréhensifs dans le blocage : on laisse passer ceux qui préparent le CAPES, les étudiants en doctorat, les masters qui ont accès aux salles informatiques (du moment que ce n’est pas pour aller en cours) et les étudiants étrangers qui ont payés pour apprendre à parler français. Résultat, on n’a pas vraiment de gros problèmes avec les étudiants, on discute assez facilement avec les quelques mécontents pour montrer notre point de vue sur le fait que sans arrêt des cours, on ne peut pas se mobiliser véritablement. Niveau média, c’est le hic : France 3 centre est en grève et notre mobilisation passe à la trappe.

Nuit de mercredi à jeudi : nous sommes une quarantaine d’étudiants à avoir décidé de passer la nuit dans la fac de lettres. Pas d’incident mis à part des gars de fac de droit qui ont ramenés des 1664 à minuit et forcer une porte mais on les a immédiatement viré. Nuit calme et bon enfant même si je n’ai pas pu dormir.

Jeudi 9 mars, continuation du blocus. L’AG à 10h réunit plus de 500 personnes : 369 votes pour la continuation du blocus jusqu’à mardi, 91 contre, le reste sans avis. A 14h, les profs de la fac de lettres se réunissent eux aussi en AG, ils votent à l’unanimité la grève jusqu’à mardi en soutien à notre cause et décident de mettre 30 euros par professeur dans la caisse de grève pour nous aider à imprimer des tracts, faire des affiches etc. Cette fois-ci, la presse était là pour transmettre l’information sur les antennes régionales. Jeudi après-midi, une partie des étudiants est allée faire un sit-in devant la préfecture qui se solde par un échec (les flics les dégagent et aucun rendez-vous ne peut être pris dans l’immédiat avec le préfet mais, on réessayera).

Nuit de jeudi à vendredi : l’occupation de la fac de lettres s’est déroulée sans encombres (moi, je suis rentrée me coucher chez moi, histoire de récupérer la nuit blanche de la veille).

Vendredi 10 mars, 7h, continuation du blocus en fac de lettres et grève filtrante en fac de science (c'est-à-dire tractage massif de tout ce qui bouge). Les étudiants de sciences sont très inquiets par rapport à leurs cours même si dans l’ensemble ils sont contre le CPE. Une AG est organisée. Plus de 150 étudiants sont présents ainsi que le doyen de l’UFR Sciences. Une grève filtrante est reconduite pour lundi ainsi qu’une nouvelle AG lundi matin pour décider de la suite du mouvement : une coordination au niveau des tracts d’information sur le CPE est mise en place entre fac de lettres et fac de sciences. L’organisation pour la manifestation de mardi se met en place.

 

Je tiens à souligner qu’il n’y avait pas eu de mobilisation d’étudiants sur la fac d’Orléans depuis près de dix ans.

16:50 Écrit par Coralie dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

de passage.... pour te lire..big bisous

Écrit par : Angel Sweeteyes | 12/03/2006

cool le blug salut pas mal le blug dis moi tu as des talents de journalistes, continue, car je vais me servir de ce que tu écris pour me tenir informé ici en Espagne...
vraiment tu devrais pensé à t'investir dans un journal, de la fac peut-etre? I don't know..
bisous jp

Écrit par : jean paul | 12/03/2006

rectificatif sur le précédent commentaire salut pas mal le blug dis moi tu as des talents de journaliste, continue, car je vais me servir de ce que tu écris pour me tenir informé ici en Espagne...
vraiment tu devrais penser à t'investir dans un journal, de la fac peut-etre? I don't know..
bisous jp

Écrit par : jp | 12/03/2006

:) Au moins chez vous il y a le respect de tout les étudiants et de l'ensemble de la communauté, ce qui n'est pas le cas partout....

Écrit par : bébé_muse | 25/03/2006

Good afternoon
I understand that you want a previous user's feedback on this one but with your question, I just have to reiterate that even if you may get a feedback that the one-time dose is better (or the other), treatment options vary on a case to case basis. no prescription
Bye !!
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Écrit par : mellor7 | 13/07/2010

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