18/03/2006

avant la manif du 18 mars...

Voici un résumé de la mobilisation de la semaine à Orléans jusqu'à vendredi 17 mars 2006.

 

Orléans, matinée du lundi 13 mars 2006, la fac de lettres est très calme et le blocage est plus symbolique qu’autre chose, l’université est déserte. Mis à part les grévistes, personne n’est dans les lieux. 10h30, AG en fac de sciences, les étudiants présents votent le blocage de leur fac à une large majorité (ils commenceront à bloquer l’après-midi même) et décident de refaire une AG le lendemain. Les TPs en fac de sciences restent toutefois toujours obligatoires, le doyen de l’UFR Sciences semble inflexible sur ce point.

Lundi après-midi, opération occupation du siège de l’UMP à Orléans. A une soixantaine d’étudiants nous investissons les bureaux de l’UMP et nous asseyons gentiment sur la moquette (pour l’anecdote, la secrétaire présente croit que nous sommes envoyés par le PS). Au bout d’un moment, les flics arrivent (Fr 3 Centre aussi) pour voir ce qu’ils se passent. Nous obtenons un rendez-vous avec des élus et responsables de l’UMP d’Orléans à six heures. Une délégation de cinq étudiants est désignée pour aller les rencontrer. Après pas mal de pour parler sur l’inutilité de rester plus longtemps assis sur la moquette du siège de l’UMP, nous partons et allons tracter à la sortie de lycée pour la manifestation du lendemain. Pendant ce temps, dans l’après-midi, il y a eu quelques problèmes avec une étudiante déterminée à démonter le barrage pour aller en cours. Je conçois parfaitement qu’on veuille étudier, moi-même, j’adore mes cours, mais on peut, on doit passer par le dialogue pour défendre une position. Ce n’est pas en commençant à balancer des tables et en soutenant : « de toute façon, je m’en fous, s’il y a de la casse de matériel, on accusera les grévistes » qu’on avance.

Lundi soir : la réunion étudiants-élus UMP n’a menée qu’à un dialogue de sourds, chacun restant sur ses positions. A souligner au passage que le doyen de la fac de lettres a été qualifié d’irresponsable : on n’a pas à soutenir des étudiants (trotskistes, anarchistes, manipulés par les syndicats) qui en empêchent d’autres de ce sacro-saint ‘‘droit d’étudier’’. Occupation des lieux dans la nuit de lundi à mardi, pas de problèmes.

 

Mardi matin, 10h, réunion en AG en fac de lettres pour discuter de la reconduction de la grève bloquante. J’ai interpellé deux profs dans la matinée pour savoir s’ils seraient de la réunion (c’est plus rassurant pour les hésitants de voir des profs présents). On est un peu moins nombreux qu’à l’AG précédente. On a une petite discussion non pas sur le CPE mais sur l’arrêt des cours : on retrouve la même hystérique que la veille qui a le courage de s’exprimer même si elle n’emploie pas les bons arguments (d’habitude, il n’y a que les quelques adhérents de l’UNI qui prennent la parole pour dénoncer les méthodes ‘‘anti-démocratiques’’ des AGs). La reconduction de la grève jusqu’à lundi est votée à 369 voix pour, 81 voix contre le blocage. Très énervée, celle qui a pris la parole contre le blocage sort de l’amphi et part se défouler en décrochant les banderoles « fac en grève » installées dans le hall. Pendant ce temps-là, en sciences, il est décidé de bloquer la fac jusqu’à vendredi.

Après-midi, 14h30 : manifestation sur le parvis de la cathédrale en centre ville. Les lycéens sont très nombreux ; on a toutefois réussi à ramener des étudiants venant de divers UFRs, en tout, on est autour de 2000. Les étudiants de STAPS sont censés nous rejoindre en fin de manifestation (eux, font une manifestation en parallèle par rapport à la suppression phénoménale des postes aux concours du CAPES). Ils ne viendront jamais rejoindre le cortège, préférant faire bande à part. Une fois la manifestation finie, retour à la fac Mardi soir : occupation des lieux (pour l’anecdote, le doyen nous apporte des fraises).

 

Mercredi : en fac de lettres rien à signaler, les couloirs sont déserts. On va coller des affiches sur le campus pour la manifestation du lendemain. L’après-midi, on se réunit en commission pour discuter du service d’ordre pour jeudi (on a eu quelques petits problèmes de pétards et de torches pendant la manifestation de mardi, il faut mettre en place une sécurité pour la prochaine mobilisation). Une Assemblée Générale a lieue en fac de droit : les débats sont houleux entre les pros et anti CPE. Ceux qui dénoncent les incohérences de cette loi sont tout de même majoritaires. La proposition de blocage de l’UFR droit est refusée (à une centaine de voix d’écart) mais, la grève filtrante est adoptée. Ils comptent aussi organiser des débats au sein de leur fac. En fac de lettres, un militant de l’UNEF commence à me parler sérieusement des combats que mène ce syndicat (je suis la bienvenue pour voir comment ça se passe et pour prendre ma carte) et à critiquer SUD. Ah la guéguerre entre syndicats ! Nuit de mercredi à jeudi : occupation des lieux, le deuxième étage est à présent accessible, vu que tout se passent bien, ils ont coupés l’alarme, on a le droit d’y aller.

 

Jeudi 16 mars, au matin : j’arrive en catastrophe sur le parvis de la cathédrale et me mets dans le service d’ordre. Il y a du monde à la manifestation : plus qu’à celle de mardi vu que la CGT nous a rejoints dans le cortège. Ca se passe plutôt bien. Après la manif, je vais manger avec d’autres chez une gréviste. En milieu d’après-midi, retour à la fac (avec détour par chez moi pour pose café) : l’AG interfac a commencé. Bilan de l’AG : pas grand-chose sinon qu’on est d’accord sur le fait que la continuation du mouvement sera à Paris et qu’il va falloir passé la vitesse supérieure. Rien de particulier à signaler pour le reste de la journée.

 

Vendredi 17 mars : les lycéens sont chauds. A dix heures, à trois voitures on part en centre ville essayer de contenir nos benjamins du lycée Charles Peguy qui, en grève, ont décidés d’organiser une manifestation spontanée. Nous nous improvisons médiateurs et membres du service d’ordre (vu qu’il n’y a pas moyen de leur dire de retourner sagement en cours). La police est là et encadre le cortège de lycéen surexcité qui marche jusqu’à la cathédrale. Tout se passe fort heureusement très bien. Une fois arrivés à la cathédrale, nous lançons un appel à la manifestation de samedi et les lycéens finissent par se disperser calmement. Dans la matinée, la fac de sciences a reconduit la grève bloquante jusqu’à mercredi prochain. L'après-midi se passe tranquillement, dans le calme.

 

Tous les regards sont à présents tournés vers la mobilisation de samedi et ce que le gouvernement en dira.

16:11 Écrit par Coralie dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

:) Ecoute ce que vas te dire bébé. Fais toujours attention quand tu vas bloquer un endroit, apparemment c'est le cas. Et garde toujours la tête froide surtout si tu es à l'UNEF (tiens çà me rappelle une vieille histoire...lucas) ou chez SUD et quand tu as des gens de l'UNI en face. T'image même Mickey(^^) alors que voilà c'est le responsable des JUMP dans le coin dit qu'ils sont trop extrêmes...

Écrit par : bébé_muse | 25/03/2006

:P T'inquiète pas, je suis pas syndiquée bebe, pour l'instant je ne compte pas le devenir et j'essaye de rester zen.

Je suis contente de savoir que l'UNI est considéré par trop extrêmes par la jeunesse UMP ; t'es sûre que ce n'est pas plutôt ton JUMP qui est trop modéré pour le coup ? :-P

Écrit par : Coralie | 26/03/2006

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