26/03/2006

La montagne de Brokeback

Je suis allée voir ce film lors de l'opération ciné à 3 euros 50.

 

Je suis sortie de la salle triste et assez déprimée, moi qui m'attendait à un western gay... Eh bien, non, il est bien question de cowboy mais pas de ceux qui entrent dans des saloons dans un far west improbable où on creuse la roche pour y trouver de l'or et où les tribus d'indiens chassent le bison dans les plaines. Non, on part en 1963, avec de vrais cowboy, ceux qui ont des vies tout à fait simples qui n'ont rien de bien palpitant de gardien de moutons.

 

Dois-je résumé l'histoire ? Deux gars se retrouvent à garder des moutons un été à Brokeback Mountain et... ce qui devait arrivé arrive. A la fin de l'été, ils se séparent et chacun va commencer à construire son brin de vie morne et contrariée. Ils se retrouvent par moment et ils se séparent et pendant tout le film on s'accroche à l'espoir que ces deux gars puissent vivre heureux tous les deux, un jour... Problème : on est aux Etats-Unis dans les années 70...

 

Les dialogues sont rares (ça m'arrange, j'ai vu le film en VO), le montage un peu abrupte parfois (il faut dire qu'on loge 20 ans de vie en 2h) mais les acteurs jouent juste. Les stéréotypes sont évités : les acteurs ne sont pas effeminés et le film ne tombe pas dans une guimauve oppressante, au contraire, les sentiments restent cachés, feutrés tout comme la relation entre Jack et Ennis. A l'écran, par contre, on n'échappe pas à la brutalité de leur relation, les rares fois où ils se retrouvent. Les mots "je t'aime" ne sont jamais prononcé, ce qui en soit est une performance, pour un film de ce genre. Bref, pour faire simple, c'est un film comme j'en ai rarement vu et qui mérite l'attention. Il y a un effet de mode sur le sujet qui à la fois crédite et discrédite le film.

 

De mon point de vue, je pense qu'actuellement, peu de cinéastes sont capables de rendre un pareil résultat en partant sur le classique point de départ de l'amour impossible. Ce n'est pas parce que c'est deux gars que j'ai aimé ce film, c'est parce que j'ai été touchée, tout comme j'ai pu l'être en lisant, il y a bien longtemps Roméo et Juliette (en sachant que les deux histoires sont très très très nettement différentes).

 

Je recommande ce film.

22:19 Écrit par Coralie dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

18/03/2006

avant la manif du 18 mars...

Voici un résumé de la mobilisation de la semaine à Orléans jusqu'à vendredi 17 mars 2006.

 

Orléans, matinée du lundi 13 mars 2006, la fac de lettres est très calme et le blocage est plus symbolique qu’autre chose, l’université est déserte. Mis à part les grévistes, personne n’est dans les lieux. 10h30, AG en fac de sciences, les étudiants présents votent le blocage de leur fac à une large majorité (ils commenceront à bloquer l’après-midi même) et décident de refaire une AG le lendemain. Les TPs en fac de sciences restent toutefois toujours obligatoires, le doyen de l’UFR Sciences semble inflexible sur ce point.

Lundi après-midi, opération occupation du siège de l’UMP à Orléans. A une soixantaine d’étudiants nous investissons les bureaux de l’UMP et nous asseyons gentiment sur la moquette (pour l’anecdote, la secrétaire présente croit que nous sommes envoyés par le PS). Au bout d’un moment, les flics arrivent (Fr 3 Centre aussi) pour voir ce qu’ils se passent. Nous obtenons un rendez-vous avec des élus et responsables de l’UMP d’Orléans à six heures. Une délégation de cinq étudiants est désignée pour aller les rencontrer. Après pas mal de pour parler sur l’inutilité de rester plus longtemps assis sur la moquette du siège de l’UMP, nous partons et allons tracter à la sortie de lycée pour la manifestation du lendemain. Pendant ce temps, dans l’après-midi, il y a eu quelques problèmes avec une étudiante déterminée à démonter le barrage pour aller en cours. Je conçois parfaitement qu’on veuille étudier, moi-même, j’adore mes cours, mais on peut, on doit passer par le dialogue pour défendre une position. Ce n’est pas en commençant à balancer des tables et en soutenant : « de toute façon, je m’en fous, s’il y a de la casse de matériel, on accusera les grévistes » qu’on avance.

Lundi soir : la réunion étudiants-élus UMP n’a menée qu’à un dialogue de sourds, chacun restant sur ses positions. A souligner au passage que le doyen de la fac de lettres a été qualifié d’irresponsable : on n’a pas à soutenir des étudiants (trotskistes, anarchistes, manipulés par les syndicats) qui en empêchent d’autres de ce sacro-saint ‘‘droit d’étudier’’. Occupation des lieux dans la nuit de lundi à mardi, pas de problèmes.

 

Mardi matin, 10h, réunion en AG en fac de lettres pour discuter de la reconduction de la grève bloquante. J’ai interpellé deux profs dans la matinée pour savoir s’ils seraient de la réunion (c’est plus rassurant pour les hésitants de voir des profs présents). On est un peu moins nombreux qu’à l’AG précédente. On a une petite discussion non pas sur le CPE mais sur l’arrêt des cours : on retrouve la même hystérique que la veille qui a le courage de s’exprimer même si elle n’emploie pas les bons arguments (d’habitude, il n’y a que les quelques adhérents de l’UNI qui prennent la parole pour dénoncer les méthodes ‘‘anti-démocratiques’’ des AGs). La reconduction de la grève jusqu’à lundi est votée à 369 voix pour, 81 voix contre le blocage. Très énervée, celle qui a pris la parole contre le blocage sort de l’amphi et part se défouler en décrochant les banderoles « fac en grève » installées dans le hall. Pendant ce temps-là, en sciences, il est décidé de bloquer la fac jusqu’à vendredi.

Après-midi, 14h30 : manifestation sur le parvis de la cathédrale en centre ville. Les lycéens sont très nombreux ; on a toutefois réussi à ramener des étudiants venant de divers UFRs, en tout, on est autour de 2000. Les étudiants de STAPS sont censés nous rejoindre en fin de manifestation (eux, font une manifestation en parallèle par rapport à la suppression phénoménale des postes aux concours du CAPES). Ils ne viendront jamais rejoindre le cortège, préférant faire bande à part. Une fois la manifestation finie, retour à la fac Mardi soir : occupation des lieux (pour l’anecdote, le doyen nous apporte des fraises).

 

Mercredi : en fac de lettres rien à signaler, les couloirs sont déserts. On va coller des affiches sur le campus pour la manifestation du lendemain. L’après-midi, on se réunit en commission pour discuter du service d’ordre pour jeudi (on a eu quelques petits problèmes de pétards et de torches pendant la manifestation de mardi, il faut mettre en place une sécurité pour la prochaine mobilisation). Une Assemblée Générale a lieue en fac de droit : les débats sont houleux entre les pros et anti CPE. Ceux qui dénoncent les incohérences de cette loi sont tout de même majoritaires. La proposition de blocage de l’UFR droit est refusée (à une centaine de voix d’écart) mais, la grève filtrante est adoptée. Ils comptent aussi organiser des débats au sein de leur fac. En fac de lettres, un militant de l’UNEF commence à me parler sérieusement des combats que mène ce syndicat (je suis la bienvenue pour voir comment ça se passe et pour prendre ma carte) et à critiquer SUD. Ah la guéguerre entre syndicats ! Nuit de mercredi à jeudi : occupation des lieux, le deuxième étage est à présent accessible, vu que tout se passent bien, ils ont coupés l’alarme, on a le droit d’y aller.

 

Jeudi 16 mars, au matin : j’arrive en catastrophe sur le parvis de la cathédrale et me mets dans le service d’ordre. Il y a du monde à la manifestation : plus qu’à celle de mardi vu que la CGT nous a rejoints dans le cortège. Ca se passe plutôt bien. Après la manif, je vais manger avec d’autres chez une gréviste. En milieu d’après-midi, retour à la fac (avec détour par chez moi pour pose café) : l’AG interfac a commencé. Bilan de l’AG : pas grand-chose sinon qu’on est d’accord sur le fait que la continuation du mouvement sera à Paris et qu’il va falloir passé la vitesse supérieure. Rien de particulier à signaler pour le reste de la journée.

 

Vendredi 17 mars : les lycéens sont chauds. A dix heures, à trois voitures on part en centre ville essayer de contenir nos benjamins du lycée Charles Peguy qui, en grève, ont décidés d’organiser une manifestation spontanée. Nous nous improvisons médiateurs et membres du service d’ordre (vu qu’il n’y a pas moyen de leur dire de retourner sagement en cours). La police est là et encadre le cortège de lycéen surexcité qui marche jusqu’à la cathédrale. Tout se passe fort heureusement très bien. Une fois arrivés à la cathédrale, nous lançons un appel à la manifestation de samedi et les lycéens finissent par se disperser calmement. Dans la matinée, la fac de sciences a reconduit la grève bloquante jusqu’à mercredi prochain. L'après-midi se passe tranquillement, dans le calme.

 

Tous les regards sont à présents tournés vers la mobilisation de samedi et ce que le gouvernement en dira.

16:11 Écrit par Coralie dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

12/03/2006

La révolution étudiante est de retour !

Je suis motivée, il y a des années, des siècles que je n'ai pas été aussi motivée, aussi déterminée, aussi impliquée dans un cause qui me prend mon temps et mon énergie toute entière. J'y crois ! Je crois que cette mobilisation sert et je crois que la bataille n'est pas perdue bien au contraire. Je vais donc vous livrer un résumé de la mobilisation à Orléans cette semaine (où je n'ai pas beaucoup dormi).

 

Je sais que peu de gens seront assez motivés pour lire tout ça mais, j'ai besoin de m'exprimer

 

Orléans, mardi 7 mars 2006, 7h du matin, un peu moins d’une semaine après l’échec du blocage de jeudi dernier, nous nous réunissons en un petit groupe d’une trentaine d’étudiants pour continuer la mobilisation anti-CPE. J’ai décidé de sécher mes 4h de cours du mardi matin pour l’occasion, il y a des causes qui méritent que les formalismes syntaxiques passent à la trappe. Nous partons en tractage sur l’ensemble du campus (fac de sciences et staps pour l’essentiel), nous intervenons dans les cours pour mobiliser le maximum de gens en vue de la manifestation qui a lieue à 10h30, histoire de ne pas renouveler le même fiasco que sur la manif’ de février qui avait réunie 1500 personnes à tout casser.

10h30, manifestation sur le parvis de la cathédrale, j’ai réussi à dépêcher un gars que je connais dont l’opinion est assez mitigée sur le CPE mais qui veut bien battre le pavé si c’est avec moi. Une foule de 6000 personnes selon la police 12000 selon les syndicats sont dans le cortège où beaucoup de lycéen sont présents (il faut dire qu’il y a une barricade de deux mètres de haut devant le lycée Charles Péguy). Je rencontre des filles de ma classe dans la manif’ et apprend que mon prof, en soutien à notre mobilisation anti CPE, à abréger son cours. 15h, AG en fac de lettres, j’y vais avec trois autres étudiants qui comme moi, ne sont pas syndiqués mais motivés. Beaucoup d’étudiants sont présents (il y a aussi pas mal de profs, le doyen de la fac de lettres, quelques lycéens et quelques représentants des salariés), on est à peu près 250 dans l’amphi ce qui est bien par rapport à d’habitude. On vote à une large majorité pour une grève bloquante à partir du lendemain jusqu’à jeudi matin (sauf que cette fois, on la fait avec l’accord du doyen de la fac de lettres). On vote aussi l’occupation des lieux dans la nuit de mercredi à jeudi avec comme règles : pas d’alcool, pas de shit, pas de débordements. Le doyen, qui est présent, précise que tout le temps de la mobilisation sera considéré comme zone neutre : sans contrôle continu et avec l’autorisation de défaillance des TDs ; les sceptiques sont rassurés : les partiels se feront en fonction de ce qui a été fait en cours, il n’est pas question de pénaliser ceux qui font grèves.

Mercredi 8 mars, 7h, blocus de la fac. La mesure est accueillie beaucoup mieux que la semaine précédente (il faut dire aussi qu’on est plus nombreux et plus organisés derrière les barricades). Dans la matinée, nous dépêchons un groupe de profs et organisons un débat profs-étudiants sur le CPE. Le débat se passe très bien et les profs font comprendre que, dans la grande majorité, ils soutiennent le mouvement. Nous, de notre côté, nous restons compréhensifs dans le blocage : on laisse passer ceux qui préparent le CAPES, les étudiants en doctorat, les masters qui ont accès aux salles informatiques (du moment que ce n’est pas pour aller en cours) et les étudiants étrangers qui ont payés pour apprendre à parler français. Résultat, on n’a pas vraiment de gros problèmes avec les étudiants, on discute assez facilement avec les quelques mécontents pour montrer notre point de vue sur le fait que sans arrêt des cours, on ne peut pas se mobiliser véritablement. Niveau média, c’est le hic : France 3 centre est en grève et notre mobilisation passe à la trappe.

Nuit de mercredi à jeudi : nous sommes une quarantaine d’étudiants à avoir décidé de passer la nuit dans la fac de lettres. Pas d’incident mis à part des gars de fac de droit qui ont ramenés des 1664 à minuit et forcer une porte mais on les a immédiatement viré. Nuit calme et bon enfant même si je n’ai pas pu dormir.

Jeudi 9 mars, continuation du blocus. L’AG à 10h réunit plus de 500 personnes : 369 votes pour la continuation du blocus jusqu’à mardi, 91 contre, le reste sans avis. A 14h, les profs de la fac de lettres se réunissent eux aussi en AG, ils votent à l’unanimité la grève jusqu’à mardi en soutien à notre cause et décident de mettre 30 euros par professeur dans la caisse de grève pour nous aider à imprimer des tracts, faire des affiches etc. Cette fois-ci, la presse était là pour transmettre l’information sur les antennes régionales. Jeudi après-midi, une partie des étudiants est allée faire un sit-in devant la préfecture qui se solde par un échec (les flics les dégagent et aucun rendez-vous ne peut être pris dans l’immédiat avec le préfet mais, on réessayera).

Nuit de jeudi à vendredi : l’occupation de la fac de lettres s’est déroulée sans encombres (moi, je suis rentrée me coucher chez moi, histoire de récupérer la nuit blanche de la veille).

Vendredi 10 mars, 7h, continuation du blocus en fac de lettres et grève filtrante en fac de science (c'est-à-dire tractage massif de tout ce qui bouge). Les étudiants de sciences sont très inquiets par rapport à leurs cours même si dans l’ensemble ils sont contre le CPE. Une AG est organisée. Plus de 150 étudiants sont présents ainsi que le doyen de l’UFR Sciences. Une grève filtrante est reconduite pour lundi ainsi qu’une nouvelle AG lundi matin pour décider de la suite du mouvement : une coordination au niveau des tracts d’information sur le CPE est mise en place entre fac de lettres et fac de sciences. L’organisation pour la manifestation de mardi se met en place.

 

Je tiens à souligner qu’il n’y avait pas eu de mobilisation d’étudiants sur la fac d’Orléans depuis près de dix ans.

16:50 Écrit par Coralie dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

11/03/2006

Berry Rock

 

Je vais vous parler d'un groupe qui me tient tout particulièrement à coeur, il s'agit de Blankass. Hier, je suis allée à leur concert, chez eux, à Châteauroux (pas parce que c'était chez eux mais parce que c'était pas loin de chez moi), donc c'est le moment où jamais de vous parler de ce groupe Issoldunois.

 

Blankass est un groupe de rock qui a connu un certain succès, il y a dix ans avec leur premier album qui mêlait sonorité du terroir et rock basique. Ils avaient même été nommés aux victoires de la musique si mes souvenirs sont bons. Depuis, ils ont fait du chemin et ont sortis cette année leur quatrième album beaucoup plus guitare qu'accordéon mais aussi beaucoup plus engagé que d'habitude. Leur musique est originale et j'accorde une mention spéciale au chanteur qui a une voix rauque, cassée, très particulière qu'on n'oublie pas.

 

Je vous invite à aller sur leur site pour écouter des extraits des chansons de leurs albums qui sont en libre écoute (même si le son de leur chanson sur ce site est particulièrement mauvais).

 

Longue vie à Blankass !

12:23 Écrit par Coralie dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/03/2006

C'est la lutte finale...

Je vais pour une fois vous parler de ma petite vie orléanaise.

 

Jeudi matin, pour la première fois depuis des lustres à la faculté de Lettres d'Orléans la Source, il y a eu un blocus. Pas de cours donc et cela à cause (ou grâce) à notre ami CPE !

 

En bonne étudiante sympathisante syndicaliste gauchiste (et un peu masochiste vu le nombre d'étudiants très agressifs qui étaient contre cette idée de blocage un peu bêbête j'en conviens mais qui a au moins eu le mérite de faire venir la presse), je me suis mêlée au barrage qui a duré une petite demie-journée. Le blocus a dû s'arrêter à 125 voix contre 215 mais bon, comme dirait l'autre : "Ce n'est qu'un début continuons le combat !"

 

Donc, je vais continuer les actions et aller à la manif de mardi (tout comme j'étais allé à celle d'avant). Serais-je entrain de devenir ultra révolutionnaire ? :-P

17:08 Écrit par Coralie dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |