01/04/2006

Conseil constitutionnel et allocution présidentielle : du Riffiffi à droite

Une semaine très chargée s'est achevée à Orléans, voici le résumé de la mobilisation anti-CPE orléanaise.

 

Lundi 27 mars, 9h du matin, j’arrive à la fac de lettres. J’ai un travail de groupe à faire car, même si les contrôles continus sont suspendus, mon prof a donné la possibilité de rendre ou non le devoir… Après une heure, direction Assemblée Générale pour la reconduite du blocage. Serait-ce l’effet UNI reçu par Villepin ce week-end, nous avons droit au discours d’un gars inconnu au bataillon, qui nous vantent les bienfaits du CPE. Il a du courage de s’exprimer devant une assemblée qui hue son intervention. Le débat entre bloqueurs et anti-bloqueurs dérape. Chacun s’envoie des pics et ça devient un peu n’importe quoi. L’attitude des profs est remise en cause (puisque la majorité soutien le mouvement) par quelques intervenants, ce qui fait sortir de leurs gonds quelques professeurs présents à l’AG. Au final, dans cette ambiance tendue, le blocage sera reconduit jusqu’à lundi dans des proportions 2/3 1/3 ; dans un amphi plus plein que d’habitude. En sciences aussi, le blocage repasse.

Après-midi,  14h, AG interfac pour décider des actions de la semaine. On met en place un planning commun avec : la grande manifestation de mardi, une action de blocage de train à la gare des Aubrais et une opération péage gratuit (comme la semaine dernière). Après l’AG : réunion exceptionnelle de la commission action par rapport à la manif de mardi. Je serai dans le service d’ordre. Occupation dans la nuit de lundi à mardi : ma deuxième nuit à la fac. Des lycéens (plus vieux que moi, d’ailleurs) squattent les locaux, je suis fondamentalement contre ce principe (ainsi que ceux qui fument des pétards avec les gars de la sécurité) mais, je la ferme.

Mardi 28 mars, 9h30, on se retrouve sur la terrasse du café qui fait face à la cathédrale pour mettre en place le service d’ordre (on coordonne ça avec la CGT et les lycéens). La pluie commence à tomber. Je me trimbale avec un brassard jaune et rouge sur l’avant-bras pendant toutes la manif (à l’arrière). Pas d’incidents à déplorer malgré le nombre impressionnant de manifestants (autour de 12 000). Trempée (et les couleurs vives des autocollants anti-CPE dégoulinant sur mon imperméable blanc), je vais manger chez une gréviste, on y passe d’ailleurs une bonne partie de l’après-midi. Mardi soir : rien à signaler sinon que je rentre chez moi et que les lycéens sont encore là.

Mercredi 29 mars, matinée calme à l’UFR Lettres. A l’initiative des lycéens, il y a une tentative de blocage de la mairie d’Orléans. L’après-midi, nous avions prévu d’aller bloquer la gare des Aubrais, malheureusement, la police avait eu vent de l’information et attendait devant la gare depuis le matin. Informés de la situation par les cheminots (via syndicats), on décide de faire une diversion : un petit groupe d’une dizaine d’étudiants est envoyée à la gare des Aubrais pendant que nous décidons de faire un blocage filtrant sur le pont George V (où passe le tram). L’opération se passe plutôt bien (parce que quelques automobilistes n’ont pas peur d’écraser un ou deux d’entre nous). Au bout d’une heure, les flics (quelques uns sont arrivés) bloquent le carrefour, ce qui fait qu’on ne peut plus distribuer nos tracts. A 19h, les STAPS qui luttent contre la réduction des postes de profs de sport entre autres choses, débarquent sur le plateau de l’édition régional de France 3 (les journalistes du quotidien local attribueront cette action au mouvement anti-cpe). Mercredi soir : la sécurité décide de vérifier (oh miracle !) les cartes d’étudiants, au moins une soirée clean.

Jeudi 30 mars : nouvelle manifestation à 10h30 sur le parvis de la cathédrale. Je suis encore une fois dans le service d’ordre (sauf que contrairement à mardi, on est à peine 1000 à défiler dans la rue). Après cette manif (qui dure à peine une heure !), retour à la fac. En début d’après-midi, on apprend qu’un groupe d’anti-bloqueur s’est présenté au président de l’université pour exprimer leur mécontentement (c’est l’effet De Robien, sans doutes). Une réunion est organisée avec les doyens des UFRs, quelques grévistes et les mécontents. Les anti-bloqueurs (qui n’ont jamais contestés les résultats des votes à mains levés jusqu’à présents) souhaitent que soit mis en place un vote à bulletin secret pour les décisions des blocages des UFR. Il ressort de la réunion que, comme il avait déjà été convenu depuis longtemps, l’AG est souveraine et que ce sera elle qui décidera si oui ou non, les étudiants devront faire un vote à bulletin secret. Dans l’après-midi est organisé une opération péage gratuit au péage d’Olivet ; opération qui marche plutôt bien. A 18h a lieue une AG interprofessionnelle pour discuter de la poursuite du mouvement avec les salariés. Jeudi soir : la décision du conseil constitutionnelle plombe un temps l’ambiance mais, nous ne nous avouons pas vaincus. Occupation des lieux : RAS.

Vendredi 31mars : réunion interfac à 10h. Deux heures de pourparler pour pas grand-chose si ce n’est un vote pour désigner quels étudiants iront à Lille ce week end pour la coordination nationale. Après-midi très calme. Soirée : j’allume le poste de télé pour entendre la déclaration improbable de Chirac. La mobilisation ne va pas s’arrêter là.

19:02 Écrit par Coralie dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

s'arreter là ! ... poil au doigt !

ps : blog sympatoche :)

Écrit par : seby | 01/04/2006

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