28/02/2007

Peur & Politique

SarkozyOn me dit que j’ai des opinions politiques tranchées ; sur certains sujets c’est vrai, pourtant, je ne crois pas être extrêmement politisé. Je n’ai ma carte nulle part et à part quelques manifs et gueuler contre l’écran télé, c’est à peu près ce à quoi se résumé mon engagement. Cependant, en ce moment, il est vrai que j’ai peut-être une force politique ascendante mais cela c’est avant tout parce que j’ai un très mauvais pressentiment…

 

Je n’ai rien contre Chirac et son gouvernement. Enfin, je n’aime pas leurs idées, je n’aime pas les réformes qui sont initiés par ce gouvernement mais je n’ai pas peur de ce système. La sauce est toujours la même, des gens pas contents, des réformes pas terribles et une situation merdique plus ou moins stable qui est bien loin d’être idéale mais qui n’est pas bien pire que celle d’avant. Alors qu’est-ce qui a changé, qu’est-ce qui fait que cette élection me semble décisive ? D’abord, il faut remonter à 2002. La dernière présidentielle s’est finie sur un problème inédit que personne n’a oublié : la monté des extrémismes. Je dis bien « des » extrémismes car si Le Pen a fait près de 20%, Besancenot et Laguiller ont emporté plus de 10% des suffrages à eux deux. Or, lorsque les idées extrémistes gagnent du terrain c’est qu’il y a manifestement un sentiment de mal-être dans la société. Ce sentiment de mal-être au lieu de l’éradiquer, l’action du gouvernement n’a fait que l’entretenir. Le problème des banlieues, le problème de l’immigration, le problème du chômage, le problème des sdf… ce ne sont pas des problèmes nouveaux ! La nouveauté, ça a été de faire de ces problèmes l’événement principal de l’information et donc, d’augmenter le sentiment de mal-être à des gens qui allaient déjà assez mal.

 

Et, dans ce climat de crainte, est arrivé Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa.

 

Comment expliquer ? Comment vous expliquer pourquoi cet homme me fait peur ? Comment vous expliquer que lorsque je le vois, haranguer les foules, monopoliser les médias, lorsque j’entends sa conviction, lorsque je vois les foules qui l’acclament, les phrases chocs qu’il utilise, les voix qu’il prend au front national, je ne peux m’empêcher d’avoir au fin fond de ma mémoire la vision d’un certain dictateur d’Outre-Rhin ? Je sais que c’est aller très loin mais cette utilisation des médias à outrance, ces lois qui réduisent les libertés, une armée de policiers à qui on donne toujours un peu plus de pouvoir, le renvoi des immigrés en charters, les lois qui font des mendiants et des putes des délinquants, qui veut faire de la justice non pas un endroit où on défend mais où on doit donner des « peines exemplaires » (c'est-à-dire toujours plus lourdes) à des fins dissuasives, tout ça, je ne peux pas ne pas le mettre en parallèle avec des mesures plus radicales qu’il m’est inutile de mentionner ici.

 

Oui, je crains que cet homme n’arrive au pouvoir.

 

Comment, en regardant son parcours politique, ses trahisons successives, son obsession d’aller toujours plus haut, cette envie d’accéder au pouvoir absolu, comment ne pas avoir peur de ce qu’il fera de ce pouvoir si jamais il l’obtenait… ? Moi, je ne peux pas.

 

Peut-être me trouverez-vous paranoïaque, peut-être avez-vous raison mais, à présent, vous savez les raisons pour lesquelles je me ligue parfois avec véhémence contre lui.

16:53 Écrit par Coralie dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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