13/06/2007

l'état régalien

Avec le panache d’un Louis-Napoléon Bonaparte

Vous m’apparaissez bien trop prompt à gouverner

Lui aussi fut élu, comme vous venez de l’être

Par un peuple souverain emprunt d’un grand mal être.

Ce président-ci prolongea de vingt années,

Un mandat démocrate qui finit en diktat,

Serez-vous, vous aussi, tenté par cet élan ?

Faire du sursaut du peuple un totalitarisme ?

Car, comme Hugo, j’entends l’appel de Jersey

Cet exil improbable en territoire anglais

Jersey m’appelle à fuir votre libéralisme

Guernesey à combattre votre gouvernement.

 

Mais cet exil est lâche et sans lendemain,

Une tentation égocentrique et couarde

Car si en m’enfuyant,  je me mets à l’abri

Je laisserais mes frères dans leur lente agonie

Et ma diabolisation pourrait, par mégarde,

Vous offrir un souffle nouveau de soutien.

Alors, je vous subirai, monsieur le président,

Je ne serai pas lâche devant votre ascension.

Je lutterai de mes mots, de ma verve et de ma plume

Jusqu’à ce que ma langue et mes doigts se consument.

J’attends, angoissée, ce que vous ferez de cette nation

Qui vous a plébiscité pour sauver ses enfants.

 

Quel secours apporterez-vous aux sans-lumières

A ceux qui croient qu’haïr est plus fort qu’aimer,

A ceux qui pensent que la douceur est illusion

Qu’une poigne ferme et dure est la seule solution ?

Vous enverrez les désoeuvrés dans les pénitenciers

Et contrôlerez le peuple par une poigne de fer,

Une poigne si dure quelle brisera la confiance,

La solidarité, l’empathie et la société entière.

Vous deviendrez le maître de l’état régalien

Où la colombe libre est enserrée de liens

Où les barricades se dressent aux abords des frontières.

Je ne peux l’envisager sans une profonde méfiance.

 

Craignez que la colère ne gagne nos contrées

Car il n’y a qu’un combat : celui de la liberté

Et la jeunesse gronde de la voir menacée.

13:23 Écrit par Coralie dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique poeme |  Facebook |

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