30/12/2007

Rock dans ma cabane

Theoryofadeadman

Je vais aujourd'hui vous parler musique avec un groupe de rock pas très connu mais qui de mon point de vue mérite le détour : Theory of a deadman.

Ce groupe a, à l'heure actuelle, sorti deux albums. Le premier, un album éponyme en 2002. Le second, Gasoline, en 2005. Leur troisième album devrait sortir très prochainement (probablement dans le premier trimestre 2008).

La voix du chanteur, assez grave, me plait beaucoup (et change pas mal de ce qu'on peut entendre à l'heure actuelle). La musique est rythmée et entraînante. C'est du très bon rock comme j'ai rarement l'habitude d'en entendre avec de la bonne musique de guitare et de batterie qui ne noie pas la voix du chanteur. Et, les morceaux plus calmes sont assez réussi (même si, moi, vous me connaissez, je préfère quand ça casse la baraque :-P)

Bref, je vous invite à aller sur le site du groupe qui propose d'écouter quelques un de leurs titres (la petite fenêtre en haut à droite avec marqué « Track ») :
http://www.theoryofadeadman.com/

Et comme dirait Aurélien, ils ont fait la musique d'un jeu vidéo auquel il a joué !

12:27 Écrit par Coralie dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rock |  Facebook |

29/12/2007

Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?

objetstrouvesAprès vous avoir présenté (dans des articles déjà lointain) le loup-garou et le jungle speed, je m’attaque cette fois-ci à un autre jeu : Objets Trouvés.

Ce jeu a été fait par un des co-créateurs du loup-garou : Philippe des Pallières. Le principe du jeu est très simple : tour à tour chaque joueur doit faire découvrir une expression, un mot (choisi au hasard parmi six propositions) à l’aide d’objets hétéroclytes présents dans la boite : des jambes de poupées, un pion, une plume, un jeton, une pince à linge, un élastique, un ballon de baudruche, une planchette de bois, une coccinelle, un cosmonaute, une brosse à dents, une pierre et un anneau. Il est interdit de parler. On a le droit de superposer les objets, mais ils doivent en tous les cas tenir seuls. Ceux qui ne font pas découvrir le mot doivent deviner laquelle des six propositions l’ « émetteur » tente de représenter. Chacun donne son avis secrètement. S’il a trouvé la bonne proposition, il avance, sinon, il recule. L’ « émetteur » avance d’autant de cases que le nombre de personnes ayant trouvé la bonne réponse.

C’est un jeu amusant qui demande de réfléchir de façon originale. Au départ, on se dit que c’est impossible, que jamais on ne pourra faire deviner ça et, finalement, ça fonctionne !

Bon, il y a des surprises parfois. On se rend compte qu’on ne raisonne pas de la même façon que ses amis, qu’on est trop tordu ou pas assez…

Bref, moi, j’ai été emballé par ces objets trouvés que je vous conseille vivement.

17:09 Écrit par Coralie dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jeu de societe |  Facebook |

16/12/2007

Uluru

Urulu

Uluru, enfin ! Au milieu de cette plaine aride où seuls survivaient quelques arbustes desséchés, quelques buissons de plantes grasses d’un vert presque blanc, au milieu de cet outback interminable, le roc rougeoyant se dressait, tel un phare pourpre guidant les esprits égarés. Il s’élevait comme un rayon de soleil échoué au milieu de ce semi-désert, un bloc de pierre abrupt émergeant du sol, un iceberg rougeâtre au milieu d’un océan de sable. Je tendis la main pour le toucher. Cette pierre était étonnamment froide malgré le soleil brûlant.

 

Nhuru, à mes côtés, avait le visage fermé. Depuis six jours que nous marchions dans l’outback, il ne m’avait plus adressé la parole. J’avais respecté son silence. Je ne pouvais pas exiger quoique ce soit de lui alors que je m’apprêtais à profaner ce lieu. Il avait accepté de me guider jusqu’ici en connaissance de cause. Peut-être avait-il espéré me faire changer d’avis ? Peut-être pensait-il que j’abandonnerai le projet d’escalader ce roc rouge lorsque je l’aurais atteint ? Un instant cette idée m’effleura. J’aurais pu faire machine arrière. J’aurais pu faire le tour d’Uluru et demander à Nhuru de me conter les légendes qui agrémentaient chaque pierre de cet édifice naturel. Le jeune homme m’aurait parlé des héros légendaires de son peuple. Nous nous serions replongés dans la mythologie de laTjukurpa, la mythologie aborigène de la création du monde. Je l’aurais écouté avec avidité me parler de ces deux enfants mythiques qui, en jouant avec de la boue, avaient créés ce rocher rouge de plus de deux kilomètres de long. J’aurais pu écouter les croyances de son peuple encore une fois mais, je n’avais pas parcouru tout ce chemin à travers l’outback australien pour cela. Au sommet d’Uluru, Yurlungur, le serpent arc-en-ciel, dormait dans un trou d’eau : la légende voulait que quiconque défierait Yurlungur aurait pour châtiment de se transformer en un amas rocailleux parsemés de taches de couleur sable brillant au soleil. Ce secret aucune personne extérieure au peuple Anangu n’aurait dû en avoir connaissance cependant, Nhuru me l’avait révélé. En haut de cette montagne, selon la légende, des dizaines d’hommes avaient été transformés par le serpent arc-en-ciel en amas de pierres brutes remplis d’or. De l’or qui ne demandait qu’à être exploité…

 

Nhuru s’assit près d’une marque d’érosion qui avait rongé Uluru, une marque sacrée. Pour les aborigènes, chaque trace dans une pierre, chaque trou d’eau était le témoignage d’un épisode de la Tjukurpa. Je lui demandai en langue Anangu : « Que s’est-il passé ici ? »

Nhuru braqua ses yeux caramel sur moi, ses yeux qui semblaient avoir absorbés la couleur du sable et de la terre de ce pays. Ils étaient glacés. A cet instant, je regrettai d’avoir rompu le silence qui s’était imposé depuis le début de notre voyage. Son regard m’accusait de m’être jouer de lui, d’avoir abuser de sa confiance. Son regard m’accusait de n’avoir chercher que mon propre intérêt. Son regard portait tous ces reproches que je ne pouvais ni nier ni réparer. Ma recherche d’El Dorado avait tout supplanté, du moins, en partie.

 

Pourtant, lorsque, quelques mois auparavant, j’étais arrivée dans cette tribu Anangu, je ne cherchais rien de particulier. L’Australie m’apparaissait alors comme un continent de douleur avec son sable presque rouge, avec son soleil si intense qui calcinait ma peau trop blanche, qui dénaturait la couleur de mes cheveux trop clairs. Je voulais connaître ceux qui y vivaient vraiment, savoir comment ils vivaient, comment ils pouvaient résister à l’hostilité de ces paysages de désert, de ce climat étouffant. Toutes ces réponses, je les avais obtenues. Je n’avais pas eu à faire quelque effort que ce soit, dès que j’étais apparue, Nhuru m’avait pris en affection. Je l’avoue, cette affection était tout à fait réciproque. Nhuru avait tout pour me plaire : c’était un jeune homme curieux de nature, avide de connaissance, d’une intelligence redoutable et ses yeux... j’aurais pu me noyer pour toujours au fond de ses yeux de caramel. En trois mois, Nhuru avait réussi à apprendre parfaitement ma langue alors que, de mon côté, je me battais encore pour démêler les tenants et aboutissants de la langue Anangu. Les langues aborigènes n’ont rien de communs avec les langues occidentales, c’est aussi là ce qui fait leur richesse. Le sujet n’a pas de place prédéfinie dans la phrase, pas plus que le verbe ou le complément ce qui peut donner des structures de phrases totalement invraisemblable pour un européen. Cependant, cette langue s’apprend, toute langue humaine peut être apprise et, je dois avouer que dans cette entreprise Nhuru me fut d’un grand secours. Il m’apprit à parler le dialecte aborigène de sa tribu et il m’initia à sa culture. Il me conta les légendes de son peuple, les faits héroïques qui s’étaient déroulés lors de la Tjukurpa. Il m’apprit la légende de cet oiseau d’Australie, le kookaburra, proche du martin-pêcheur, qui créa le soleil. Il m’expliqua les danses ancestrales que sa tribu effectuait afin de maintenir en vie les espèces qui vivaient sur cette planète. Il me montra les peintures aborigènes représentant des épisodes héroïques de la Tjukurpa. Mais, le plus important, c’est qu’il me révéla aussi des secrets que seuls les Anangus étaient censé savoir.

 

C’était ainsi que j’avais émis le souhait d’aller jusqu’à leur Terre sacré, d’aller jusqu’à Uluru. A présent, il se tenait là, droit devant moi et j’allais le défier. J’allais braver l’interdit, gravir cette roche rouge. J’allais atteindre le sommet de cette montagne et trouver les hommes de pierres. J’allais voir de mes yeux cette fortune qui se profilait tout en haut de ce bloc rocailleux, quitte à me battre contre ce serpent arc-en-ciel, si jamais il existait. Ce que j’avais envisagé de faire, aucun Anangu ne se serait même permis d’y penser. Grimper sur ce rocher, qui était le symbole même des croyances aborigènes, c’était le pire des sacrilèges. Plusieurs s’étaient mutilés, scarifiés pour avoir enfreint cette règle d’or. Je ne pouvais pas en vouloir en Nhuru de me haïr à cause de cela.

 

Nhuru toujours assis, avait fermé les yeux, s’évadant ainsi de l’instant présent. Je le regardai avec regret. C’était sans doute la dernière fois qu’il se présentait à mes yeux. J’en eus un intense pincement au cœur. Je m’agenouillai à ses côtés. J’aurais voulu déposer un baiser sur ses lèvres. J’aurais voulu lui dire qu’il resterait gravé dans mon cœur à jamais. J’aurais voulu avoir la force de lui témoigner la sincérité de l’amour que je pouvais lui porter. J’aurais voulu ne plus être à ses yeux cette femme manipulatrice qui l’avait abusé pour lui soutirer des informations. J’aurais tant voulu… Cependant, cette montagne m’appelait, aussi invraisemblable que cela pouvait paraître, je ne pouvais pas abandonner ce but. Je ne pouvais pas renoncer à ce trésor. Il y avait comme une force invisible qui hantait ce lieu, une force qui n’avait fait que conforter ma détermination. Je n’avais plus le choix. Je devais accomplir mon destin car, à cet instant, il m’apparaissait que le seul but de mon existence avait été de partir à l’assaut de cette montagne rouge interdite. Je saisis la main de Nhuru et prononçai : « Merci pour tout. » Je lâchai à regret cette main à la fois sèche et douce et me relevai. Je jetai un dernier regard à Nhuru, sentant d’irrépressibles larmes monter. Nos chemins se séparaient ici, à jamais.

 

Je fixai le mont pourpre. Il n’y avait plus que lui et moi à présent : neuf cents mètres à gravir et j’aurais atteint le sommet, neuf cent mètres et je serai maître d’Uluru.

 

***

 

Nhuru entendit les pas de la jeune femme s’éloigner. Il avait prié les esprits pour qu’elle renonce à gravir Uluru mais les esprits n’avaient rien faits. Un instant, il eut la folie de la suivre. Il aurait pu se relever, la rattraper, l’accompagner dans sa marche de défiance aux êtres éternels de la Tjukurpa. Il aurait pu la guider, quitte à perdre son âme éternelle, quitte à jeter une malédiction sur tout son clan. Mais la raison avait prit le pas sur cette déraison. Monter sur Uluru, ce n’était pas seulement offenser les esprits, c’était également pour Nhuru renier son totem. Le jeune Anangu était gardien de ce lieu sacré, Uluru faisait partie intégrante de son être. Lorsqu’il mourrait, son âme mortelle retournerait au néant et son âme immortelle reviendrait ici, au cœur de cette pierre pourpre. Nhuru devait protéger et perpétrer les coutumes mystiques de ce lieu, telle était sa mission. Il ne pouvait pas aller à l’encontre de la destinée de son âme immortelle même s’il avait l’impression qu’à l’instant où elle avait disparu un pan de cet imposant rocher qu’il incarnait venait de s’effondrer. Combien il avait pu s’attacher à cette femme, à cette opale laiteuse, à cette pierre insaisissable provenant des ténèbres du sous-sol dont aucun aborigène ne s’approche jamais.

 

La fatigue et la lassitude finirent par gagner Nhuru. Il se recroquevilla sur le sol poussiéreux, protégé par sa montagne rouge, cherchant à ne faire qu’un avec elle. Son esprit s’embruma peu à peu vers le sommeil, vers cet état de rêve si important pour les aborigènes. Le rêve était un des moteurs essentiels de leur religion, c’était par le rêve qu’ils pouvaient entrer en communication avec les êtres éternels de la Tjukurpa. C’était par le rêve que les aborigènes pouvaient accéder aux faits héroïques qu’avaient pu accomplir les héros de l’ancien monde. Ainsi, Nhuru rêva. Il rêva du combat de celle qu’il avait baptisé Mhatura, cette jeune femme à la peau si claire qu’il avait toujours considéré que son totem ne pouvait être qu’une opale, cette jeune femme qui l’obsédait. Il la vit atteindre le sommet d’Uluru, une pointe de témérité glacée au fond de ses yeux d’un bleu céleste. Mathura était là, déterminée à défier Yurlungur, le serpent arc-en-ciel. La lutte dura des jours et des jours. Mathura esquivait les attaques furtives de Yurlungur. Elle courait, sautait, rampait au sommet d’Uluru comme effectuant une danse saccadée et maléfique afin d’entraîner la destruction du serpent arc-en-ciel. Après six jours et six nuits, les forces de Yurlungur commencèrent à s’épuiser. La jeune femme d’opale profita de cette faiblesse. Elle mordit le serpent arc-en-ciel, laissant la trace de sa mâchoire à jamais gravée sur le corps de l’être immortel. Malgré la douleur qui le harassait, Yurlungur trouva la force de sauter à la gorge de la jeune femme et de lui injecter son venin maléfique qui changeait tout humain en amas pierreux. Mhatura hurla de douleur et de rage. Son cri se répandit comme une vague à travers les kilomètres de l’outback. Ce cri de désespoir emplit l’air de toute sa force, de toute son âme. Ce cri dont la puissance ne pouvait s’amoindrir. Un cri capable de pousser les nuages, de faire chavirer les feuilles des arbres : le cri du vent et de la tempête.

 

Nhuru se réveilla. Un vent chaud s’était levé, un vent qui lui caressait le visage. Il sourit. Ce secret là, il le transmettrait à son peuple : il raconterait cette histoire. L’histoire de cette femme qui avait défié Yurlungur et dont le denier cri s’était cristallisé en vent. L’histoire de cette femme opale qui avait fini figé dans la pierre.

 

Nhuru se releva et fixa Uluru. Il allait refaire le voyage en sens inverse jusqu’à son village, seul cette fois-ci mais, il se sentait le cœur plus léger. Finalement, il la reverrait. A sa mort, il rejoindrait l’âme de ce bloc pourpre éternel et il la retrouverait puisqu’à présent elle était devenu ce qu’elle avait certainement toujours été : une opale blanche, magnifique, emprisonnée dans l’amas de rocs poussiéreux d’Uluru.

14:51 Écrit par Coralie dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |