29/10/2008

déménagement

Il est à présent temps de dire au revoir à ce blog et de penser à déménager. Après ces années de loyaux services, l'affichage sous internet explorer est devenu trop chaotique pour continuer avec skynet. Ce blog reste consultable mais n'aura plus d'article, les nouveautés seront à présent visibles sur : http;//corablog.over-blog.fr un nouveau blog qui j'espère tiendra plus le coup.

Rendez-vous donc sur http;//corablog.over-blog.fr

14:11 Écrit par Coralie dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10/10/2008

La langue à l'étude

Bon, aujourd’hui, on ne rigole plus, on va parler d’un objet d’étude non identifié dans le vaste monde universitaire, un domaine qui a un nom barbare et auquel j’ai osé m’attarder malgré la peur panique que son évocation peut provoquer. Ce domaine étrange qui se trouve à la jonction des lettres et des sciences humaines et pas si loin de la sociologie, cette discipline grâce à laquelle, un jour, j’espère gagner ma vie (on peut toujours rêver…), ce domaine qui semble si évident et si étrange, ce domaine à qui je voue un intérêt particulier c’est  celui des : « Sciences du Langage ».

Comme le nom l’indique, les sciences du langage regroupent un certain nombre de « sciences » ou dirons-nous de champs d’études différents qui sont liés au langage comme la syntaxe, la morphologie, la phonologie, la sociolinguistique etc. Je ne vais pas vous assommer de termes barbares tout de suite.

Mais, qu’est-ce que c’est que les « sciences du langage », entends-je dans le fond ? En fait, ce terme désigne tous les domaines de la linguistique dite moderne, c'est-à-dire de la linguistique remise au goût du jour au début des années 1900 par un certain Ferdinand de Saussure (je reviendrais à ce charmant monsieur tout à l’heure).

Mais, qu’est-ce que c’est que la linguistique et la linguistique moderne, d’abord ? Eh bien, c’est à la base une idée assez saugrenue qui repose sur le fait de chercher à comprendre comment on parle, qu’est-ce que c’est que la langue. J’emploie le terme « saugrenu » dans la mesure où tout le monde parle, sait parler et personne n’a besoin de cours pour savoir comment parler, c’est quelque chose que tout humain normalement constitué sait faire pour peu qu’il soit au contact d’autres humains. L’objet d’étude de la linguistique est cependant de décrypter l’articulation du langage, de faire une analyse des tenants et des aboutissants de ce code étrange qui permet de communiquer plein de choses bien plus complexes que ce que peut faire une abeille en dansant.

Alors, mon capitaine, c’est comment qu’on fait pour étudier la langue ? A l’heure actuelle on commence par le commencement c’est-à-dire par le best-seller du petit monde de la linguistique : Le Cours de Linguistique Général de F. de Saussure (c'est le gars en photo à droite). Le Cours de Linguistique Général, que tout étudiant en sciences du langage vous abrégera en « CLG », est la base de la linguistique moderne et considère plusieurs préceptes.

Les trois dichotomies du langage

decorationQu’est-ce que c’est que cette bestiole « des dicos de Tommy » ? C’est qui Tommy ? Je croyais qu’on parlait de Saussure ? Ne nous emballons point. Une dichotomie c’est un terme qui désigne tout simplement une division entre deux réalités. Dans le cas présent, ce sont trois distinctions importantes qui sont faites au niveau de l’étude linguistique et de la façon d’envisager les éléments de la langue. Pour prendre un exemple trivial, en musique, on fera la distinction, par exemple, entre les sons graves, aigus bien que les deux soient des sons, là, on est sur le même principe. Saussure propose de faire une distinction dans le langage.

Langue/Parole

Selon notre ami Ferdinand (vous êtes intime avec lui, maintenant),  le langage est scindé en deux : la langue et la parole. La langue, c’est ce qui se trouve dans votre tête : des règles grammaticales concrètes, des structurations de phrases. Tandis que la parole, c’est l’acte de parler, c’est le produit de l’application des codes de la langue. La parole est liée à un contexte tandis que la langue elle, ne change pas selon la situation.

Ferdinand propose donc de chercher à comprendre la langue, la partie non visible de l’iceberg du langage, celle qui est cachée dans un recoin du cerveau mais, je vous rassure, pas besoin de faire de dissection pour cela.

Signifiant/Signifié

Autre grande distinction de Ferdinand : la différence entre signifié et signifiant. On considère qu’un mot est en fait scindé en deux parties. Il y a sa forme, la façon de le prononcé, de l’écrire qui est dépendante d’une langue particulière, d’un contexte particulier, c’est ce que l’on désignera par le signifiant. D’autre part, il y a le sens du mot, l’idée qu’il représente et qui est commune quelle que soit la langue, c’est ce que l’on appellera le signifié d’un mot.

Diachronie/Synchronie

Plus complexe à intégrer, c’est le fait de chercher à analyser une langue selon deux approches différentes. Soit on analyse l’état de la langue à un instant T, sans se soucier de ses évolutions passées ou avenir : c’est ce qu’on appelle l’approche synchronique. A l’inverse, on peut faire une étude étymologique en diachronie c’est-à-dire en envisageant l’évolution d’une langue au cours du temps.

 

La linguistique moderne structuraliste est donc axée sur la langue, sur une étude synchronique de celle-ci et cherche, comme toutes les sciences humaines, à se rapprocher des « sciences dures » en employant des formalismes, des bases de mathématiques.

 

Là je sens venir la question, en quoi c’est révolutionnaire tout ça ? C’est assez évident et simple alors qu’est-ce qui fait que c’est si essentiel et que je vous bourre la tête avec ça ? Eh bien, il faut savoir qu’avant Ferdinand et les autres structuralistes, on faisait de la linguistique pour des raisons étymologiques, pour chercher à savoir l’évolution des langues et à comparer des langues mortes entre elles. C’est une approche qui a son intérêt mais qui a aussi mené à des abus et à des combats puérils du style : « C’est moi qui ait la plus belle langue !

-Non c’est moi !

- Moi, j’ai des belles exceptions grammaticales !

-Oui mais moi j’ai plus de mots différents que toi ! Et puis j’ai plus de sons différents !

- Oui mais moi j’ai des mots qui servent à rien !

- Moi j’ai plein de temps différents associés à mes verbes ! »

Des débats sans fins pour savoir qui avait la langue la plus pure, la plus vraie et par voie de conséquence qui était issu du peuple le plus beau. De fait, au XIXème alors que le nationalisme montait en flèche en Europe et que les patries cherchaient à se dominer les unes, les autres, il y eut un certain nombre d’écrits pour démontrer que la langue de Goethe est la plus pure et la plus grande (et on se demande après où Hitler est allé pomper ces théories sur les aryens…).

 

Alors, mettre toutes les langues sur un pied d’égalité, avoir des critères formels et essayer de les analyser via des critères scientifiques, c’était une vraie révolution dans la manière d’envisager les choses.

 

Pour conclure sur ce petit cours d’introduction à la linguistique, je vous dirais qu’il ne faut jamais oublier un point essentiel : une langue est rattachée à un peuple, à une région et à une vision du monde. Il y a autant de vision du monde que de langues. Les langues naissent vivent et meurent, elles sont en constantes évolution. Plus une langue est utilisée, plus elle est soumise à des changements dans sa manière d’être prononcée, dans son vocabulaire, dans son orthographe aussi. Il n’y a qu’un seul type de langue qui ne change pas et ne pourra jamais changer : les langues mortes.

 

C’est pourquoi, quitte à s’intéresser au langage et à la langue autant s’intéresser à celle qui est sous nos yeux, en synchronie, sans jugement sur ses évolutions mais en cherchant simplement ce qui se cache derrière le signifiant d’un mot, quel règle étrange de la langue, dans notre cerveau, nous pousse à l’utiliser de la sorte. Voilà ce qui me passionne dans l’étude du langage. Je posterai peut-être un nouvel article à ce sujet prochainement.